Transmission VTT : tout savoir sur la gamme Shimano

Pour faire faire suite à SRAM la semaine dernière, place à Shimano aujourd’hui !

Après avoir accumulé un retard conséquent sur les transmissions 12 vitesses, tant au niveau conception que production, la firme nippone est revenue en force l’année dernière en proposant enfin via ses gammes XT et SLX des groupes abordables et disponibles à grande échelle. De quoi relancer la compétition avec son concurrent américain qui faisait cavalier seul depuis plusieurs années en proposant une gamme 12v complète pour tous les budgets ou presque.

Comme pour mon article sur les freins Shimano, je vous propose de nous concentrer sur les gammes SLX, XT et XTR qui constituent l’essentiel du segment VTT enthousiaste, les gammes Deore et Alivio détonnant de manière assez spectaculaire avec leurs transmissions 2×10/3×10 et 2×9/3×9 respectives.

 

SLX M7100


Shimano SLX M7100

Commençons donc par le groupe SLX qui constitue l’option la plus économique chez Shimano et propose souvent un rapport fonctionnalité/prix difficile à battre en reprenant la plupart des caractéristiques de ses grand-frères à un prix très raisonnable, la concession se faisant sur le poids et les features accessoires.

Le groupe Shimano SLX M7100 12 vitesses s’appuie sur une cassette 10-51 comme le reste de la gamme. La marque du pays au soleil levant fait la nique à son éternel concurrent en proposant une dent supplémentaire sur le grand pignon pour étendre la couverture de son modèle à 510% contre 500% pour une cassette Eagle. A ce stade le gain est marginal et il s’agit davantage d’un “paper win” que d’un réel avantage pratique.

Là où Shimano innove sensiblement par rapport à son offre précédente, c’est par l’utilisation d’un petit pignon de 10 dents. Il n’est pas trop tôt me direz-vous, la firme ayant en effet traîné ce handicap pendant ce qui semble être une éternité alors que SRAM proposait déjà un pignon de 10 dents sur ses cassettes 11 vitesses grâce à l’adoption du corps de roue libre XD. Shimano s’est enfin décidée à mettre à jour son historique standard de corps de roue libre via le format Micro Spline qui en plus d’accepter ce pignon de 10 dents s’avère mécaniquement supérieur, l’interface avec la cassette proposant une zone de contact bien plus importante pour transférer le couple.

C’est ce qui permet à Shimano de proposer cette couverture de 510% alors qu’un petit pignon de 11 dents l’aurait limité à 464% malgré cette dent supplémentaire sur le plus grand pignon.

Pour le reste, la cassette repose sur une étoile en aluminium “Beam Spider” à laquelle sont fixés les 7 plus grands pignons pour un total de 11 pignons en acier et un pignon de 51 dents en aluminium. Cette conception pèse lourd sur la balance, avec un poids qui s’établit à 534g. Un modèle 10-45 à l’étagement plus resserré est également disponible et affiche pour sa part un poids de 513g.

Côté pédalier, le groupe SLX s’appuie sur des manivelles en aluminium de 165, 170 ou 175mm couplées à un plateau de 30, 32 ou 34 dents monté en direct-mount. Les dents sont en acier, un choix logique pour ce groupe à prix réduit qui met l’accent sur un coût d’utilisation réduit plutôt que la chasse au moindre gramme. Le poids moyen communiqué du pédalier en 30 dents est de 635g.

Il faut noter qu’un version double-plateau de ce pédalier existe, avec un montage en étoile qui permet de passer à l’envie des deux anneaux en 26/36 à une configuration mono-plateau.

Le dérailleur est lui aussi décliné en deux versions, M7100 et M7120. La seconde possède une chape plus courte destinée au 2×12 et prévue pour être utilisée de pair avec la cassette 10-45, la première correspond au 1×12 avec la 10-51.

Enfin le shifter se différencie de la version XT par l’absence de pad en caoutchouc sur les leviers et l’impossibilité de descendre deux vitesses à la fois comme c’est le cas sur les versions plus dispendieuses.

 

XT M8100


Shimano XT M8100

La cassette XT 10-51 est sensiblement la même que sa sœurette SLX et ne s’en distingue que par l’utilisation de l’aluminium sur les pignons de 45 et 51 dents alors que seul le plus grand pignon reçoit ce traitement sur la gamme meilleur marché. Le reste est identique avec un support en étoile et l’utilisation du corps de roue libre Micro Spline pour accommoder le petit pignon de 10 dents.

Côté pédalier on retrouve la même formule que sur la gamme SLX avec des manivelles Hollowtech II en aluminium de 165 à 175mm qui accompagnent un plateau de 28 à 36 dents en acier monté en direct-mount. Comme sur la version SLX, on pourrait croire qu’il s’agit d’un montage spider mais le plateau n’est pas désolidarisable de l’étoile en aluminium malgré la présence de 8 vis : celles-ci sont serrées et collés en usine, le recours à ce mécanisme de fixation ayant pour but de réduire les coûts de fabrication. Shimano annonce un poids moyen de 630g en 30 dents pour l’ensemble.

A nouveau deux dérailleurs différents sont au catalogue, le M8100 pour le mono-plateau associé à la cassette 10-51 et le M8120 pour le double-plateau et la cassette 10-45.

La gamme XT propose toujours théoriquement une version Di2 de sa transmission 11 vitesses qui ne semble pas pour le moment être reconduite sur les transmissions 12 vitesses. Cela semble logique, le selling point de la transmission électronique (avec fil) Shimano portant davantage sur la simplification du passage de vitesses dans un environnement multi-plateaux. En retirant le dérailleur avant sur une transmission mono-plateau, l’intérêt disparaît. Il semblerait donc que si la marque nippone a rattrapé son retard sur la transmission mono-plateau, son concurrent américain ait à nouveau un pas d’avance avec sa transmission électronique Eagle sans fil qui propose elle une valeur ajoutée qui, si elle n’est pas très palpable pour beaucoup d’entre nous, n’est pas pour autant sans mérite.

 

XTR M9100


Shimano XTR M9100

Afin de gagner en poids, Shimano a pris le parti sur sa cassette 10-51 XTR de multiplier les matériaux. On trouve ainsi pas moins de trois d’entre eux pour les différents pignons : l’aluminium compose les trois plus grands et l’acier les quatre plus petits. Au milieu, la cassette premium fait appel au titane pour assurer sa longévité tout en se débarrassant de quelques grammes supplémentaires afin de faire baisser le poids de l’ensemble à 376g.

La marque décline cette conception sur un nouveau modèle 11 vitesses, la CS-M9100-11 10-45, qui reprend le même nombre de pignons en acier et en titane ainsi que les deux plus grands en aluminium.

Le pédalier propose toujours des manivelles en aluminium, pas de carbone donc chez Shimano. Les longueurs de manivelles disponibles vont toujours de 165 à 175mm et les plateaux de 30 à 38 dents. Outre un montage différent des manivelles, la plus grosse différence par rapport aux autres gammes est bien à chercher du côté du plateau en aluminium, toujours direct-mount, mais fait ici d’une seule pièce. Le gain est sensible sur la balance avec un poids moyen de l’ensemble annoncé à 545g pour la version 30 dents, soit presque 100g de mieux que la version XT.

La chaine XTR est la seule à utiliser des rivets creux et adopte un traitement SIL-TEC de surface destiné à prolonger sa durée de vie, différent des versions XT et SLX.

On retrouve la même segmentation côté dérailleur avec une version M9100 destinée à être utilisée avec une transmission mono-plateau et la cassette 10-51 ansi qu’une mouture M9120 à chape moyenne pour le double-plateau et la cassette 10-45.

Même remarque que pour le groupe XT en ce qui concerne la version Di2 toujours présente au catalogue mais à l’intérêt qui, s’il était discutable il y a quelques années, semble aujourd’hui totalement inexistant.

 

Zee / Saint


Shimano Zee Saint

Terminons par un mot rapide sur les groupes Zee et Saint tous deux destinés au DH, le premier étant une version plus abordable du second.

Pas de cassette de la taille d’une assiette ici, la panacée en descente étant plutôt les cassettes 7 vitesses que l’on peut trouver en aftermarket ou comme celle que propose SRAM sur son groupe X01 DH. Les avantages sont nombreux pour ce type de solution, entre réduction des masses non suspendues, utilisation d’un dérailleur à chape plus courte et meilleur étagement des vitesses qui sont réellement utiles. Bref, plein de bonnes choses que Shimano ne propose pas sur ses groupes Zee et Saint (ce dernier, on le rappelle, n’a quasiment pas évolué depuis 2012) qui s’appuient sur des cassettes 10 vitesses classiques à piocher dans les autres gammes de la marque puisqu’il n’existe pas de référence officielle.

Les dérailleurs à chape courte sont donc des modèles 10v qui acceptent un grand pignon qui va jusqu’à 36 dents et une capacité maximum (différence entre plus petit et plus grand pignon) de 25 dents.

Les pédaliers sont en alu, avec des manivelles Hollowtech II qui portent le poids de l’ensemble à plus de 800g, robustesse oblige. Les plateaux sont au format spider et disponibles en 34, 36 et 38 dents.

 

Le mot de la fin


On entend souvent dire de Shimano que la firme nippone ne commercialise que des produits mûrement réfléchis qu’elle a autant que faire se peut éprouvé avant de les mettre sur le marché. C’est d’ailleurs une philosophie que l’on retrouve chez beaucoup de marques japonaises sur d’autres secteurs.

Si la marque aura en effet pris son temps pour sortir une transmission 12 vitesses et la décliner sur ses différentes gammes, le résultat est à la hauteur de l’attente, avec une série SLX des plus abordables et des performances de haut vol qui viennent renforcer s’il en était besoin cette image de marque à l’épreuve des éléments. Bref, que du bon pour nous rideurs, puisque pour la première fois depuis bien longtemps les deux géants du secteur sont à nouveau en concurrence direct sur le marché de la transmission VTT, et ce à tous les niveaux de prix.

 

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Sébastien

Papa de Glisse Alpine et homme à tout faire depuis 2016. Rideur. Editeur. Photographe. Développeur. SysAdmin. Web Perf. SEO. Marketing. Café.

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5 commentaires sur “Transmission VTT : tout savoir sur la gamme Shimano

  • 4 août 2020 à 16 h 42 min
    Permalink

    Bonjour Sebastien !

    Je reviens ici avec grand plaisir, puisque Glisse Alpine me sert désormais de référence et m’a permis – sous vos conseils – d’acquérir tout juste hier mon Spectral que j’ai hâte de recevoir ! 🙂

    J’ai une petite question (qui pourrait peut- être faire l’objet d’un billet ?) sur les Guide-chaînes et protections de base des cadres ou des pédaliers, manivelles….

    Je suis sur un Shimano Deore XT M8100 32D et j’aimerais m’acheter un guide-chaîne (par ex : Guide-Chaîne SHIMANO SAINT ISCG-05) mais c’est difficile de s’y retrouver et d’identifier le montage ISCG ou ISCG05 sur le vélo en tant que novice. Enfin, connaissez vous des coques en plastique/silicone permettant de protéger des réceptions foireuses sur la base du cadre (au niveau du pédalier).

    Merci par avance !

    Répondre
    • 4 août 2020 à 19 h 58 min
      Permalink

      Salut Alexandre,

      Très bon choix d’être resté sur le Spectral 🙂 .

      Le guide-chaîne n’est plus obligatoire avec les plateaux narrow-wide, format que toutes les marques ont maintenant adopté. Tu peux peut-être attendre de voir si tu en ressens vraiment le besoin avant d’en acheter un.

      Mais si tu veux vraiment en prendre un (qui fait en même temps bash guard vu tes recherches), il faut que tu mesures tes points de montage ISCG pour trouver lequel ton cadre utilise. Le ISCG classique c’est un diamètre de ~60mm, le ISCG-05 un diamètre de 73mm (distance entre les points de montage et l’axe du boitier de pédalier x 2). Ca donne un écart d’environ 48mm entre chacun des trois points de montage (entre les deux du bas et les deux de droite) dans le premier cas et 56mm dans le second.

      Le hic c’est que je suis pas sûr que le Spectral ait des points de montage ISCG…

      Je ne pense pas que tu aies besoin d’un sabot non plus, depuis deux ans je crois tu as sur le Spectral l’espèce de gouttière qui se visse sur le downtube et qui permet de router les câbles tout en protégeant le cadre.

      Répondre
      • 6 août 2020 à 11 h 01 min
        Permalink

        Merci beaucoup ! Difficile de ne pas avoir envie de vous solliciter avec des réponses aussi précises à chaque fois !

        Effectivement, je cherche plus des protections qu’un réel guide chaîne. Je vais observer un peu la réaction de la chaîne avant de dépenser 🙂

        Je me permets de partager deux recherches que j’ai pu trouver à l’aide du mot clef “sabot” :
        – “Amygos” est un français qui fabrique des sabots sur mesure pour 50€ seulement !
        – “InvisiFRAME” est un petit groupe anglais qui fabrique des adhésifs transparents également sur mesure qui épouse parfaitement les formes du cadre pour 70€.

        Toujours intéressants pour protéger des bunny mal réceptionnés ou des petites chutes.

        Répondre
        • 6 août 2020 à 14 h 04 min
          Permalink

          Salut Alexandre,

          Je ne suis pas sûr de cerner ce que tu attends du sabot en fait. Comme je le disais tu en auras déjà un avec le système de routage de câble / protection du downtube de Canyon.

          Pour faire des sabots custom il y a mille et une solutions oui, tu peux même le faire toi-même en achetant les matériaux et en l’adaptant à ton cadre.

          L’invisiframe ça reste une protection light et esthétique. C’est intéressant pour éviter les traces de frottement, pourquoi pas les petites rayures et les éclats de peinture. Mais ça ne remplace pas un vrai sabot sous le boitier de pédalier où tu lèves régulièrement des pierres et que tu peux toucher ponctuellement toute sorte d’obstacle qui va de la souche au rocher mal placé. Un sabot c’est un élément structurellement important sur un cadre carbone, l’invisiframe c’est plus esthétique.

          Après pour la protection du cadre, manivelles et compagnie tu as deux façons de voir les choses : soit tu tentes de nager à contre-courant pour éviter à tout prix la moindre rayure et tu recouvres tout d’invisiframe, d’helicopter tape ou via la solution que je devais mettre en vente avant que le covid ne passe par là 🙁 , soit tu te dis que de toutes manières un VTT va forcément manger des cailloux régulièrement au cours de sa vie, que les balafres sont des rites de passage, et tu ne traites que les zones de frottement régulier et celles qui sont souvent oubliées par les marques comme les bases (frottement de la chaussure) et les haubans (chaine qui vient percuter là où il n’y a pas toujours de protection).

          Loi de Murphy oblige, si tu optes pour la première, tu finiras toujours par rayer ton cadre entre deux raccords de protection ou pendant la seule sortie où tu as enlevé un panneau avant de le remplacer parce qu’il se décollait…

  • 8 août 2020 à 16 h 07 min
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    Je n’ai pas été très clair mais tu m’as bien cerné haha ! En réalité, je cherchais à protéger à tout prix mon “bébé tout neuf” en passant par le sabot (et tu as totalement raison, c’est inutile pour ma part !) et les stickers pour les petits bobos superficiels. Là où tu as encore plus raison, c’est qu’il faut bien vivre de toute façon… je ne peux pas tout contrôler pour tenter de le conserver intact ! 🙂

    Arf dommage pour ta solution, je garderais un oeil si tu arrives à en mettre en vente finalement !

    Merci encore pour toutes ces infos qui me guident parfaitement et qui parfois me font faire des économies !!

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