Roues VTT : tout savoir sur les Fortus, le modèle Hope passe-partout

Face à des marques qui multiplient les références, l’offre de Hope en termes de roues VTT est pour sa part réduite à sa plus simple fraction, avec un unique modèle au catalogue, la Fortus.

Il serait cependant péremptoire de penser que ce qui s’apparente à une unique référence représente une offre qui évolue en roue libre (!), puisque la marque britannique s’appuie sur quatre jantes différentes et son très versatile moyeu Pro 4 pour couvrir la plupart des pratiques à travers une foultitude de standards grâce à ces Fortus déclinées en de multiples SKUs.

Je vous propose donc aujourd’hui de nous pencher en détails sur cette offre qui, comme nous allons le voir, a été conçue en phase avec la philosophie Hope.

Si vous souhaitez également en apprendre davantage sur les gammes d’autres marques, je vous laisse comme à l’accoutumée un petit index pour facilement naviguer entre les différents articles qui les détaillent :

 

Jantes


Roue Hope Fortus 30

Les déclinant uniquement an aluminium, matériau au cœur du métier de la marque, Hope propose actuellement les Fortus en quatre largeurs internes : 23, 26, 30 et 35mm.

Lancés au printemps 2019, ces profils remplacent la gamme Tech qui s’appuyait sur quatre déclinaisons distinctes : Tech XC (19.5mm), Tech Enduro (23mm), Tech DH (27.8mm) et Tech 35W (35 mm).

Cette revue à la hausse des largeurs de jantes ne surprendra personne, puisqu’elle correspond à une tendance qui à l’époque n’était pas encore stabilisée. La différence notable par rapport à la gamme précédente est cependant davantage à chercher dans le profil et la construction interne de chaque déclinaison, qui esquissent la vision de la marque britannique pour restructurer son offre.

Là où les anciens profils Tech Enduro et Tech DH étaient renforcés, avec la mouture Tech XC logiquement réservée au cross-country avec un modèle plus léger, et la version Tech 35W destinée aux pneus de tracteur au format plus, la gamme actuelle voit sa grille de lecture évoluer avec des renforts présents uniquement sur le modèle en 30mm. Cette largeur de jante est aujourd’hui assez standard pour des pratiques qui vont du trail engagé à la descente, et Hope dirige ainsi une majorité d’utilisations vers ce modèle, auquel elle renvoie aussi les VTTAE.

Les jantes de 35mm restent réservées aux gros pneus tandis que le cross-country passe en 23mm. Au milieu, les Fortus 26 occupent un espace trail/AM restreint et permettent d’économiser environ 70g par roue par rapport aux Fortus 30.

Profils jantes Hope Fortus

On peut donc aujourd’hui considérer les cas d’usage par modèle de la façon suivante :

  • Fortus 23 : cross-country
  • Fortus 26 : trail
  • Fortus 30 : trail énervé, enduro, DH, VTTAE
  • Fortus 35 : trail, gros pneus

Le nerf de la guerre étant le ratio robustesse/poids, il est intéressant de jeter un œil à ce qu’affiche la balance pour ces modèles. Le poids annoncée d’une paire en 29″ Boost s’échelonne ainsi (poids d’une jante seule entre parenthèses) :

  • Fortus 23 : 1885g (450g)
  • Fortus 26 : 2266g (580g)
  • Fortus 30 : 2425g (720g)
  • Fortus 35 : 2205g (610g)

Si la différence entre une paire de Fortus 26 et une autre de Fortus 35 peut paraître étrange, il faut garder en tête que le profil de la Fortus 35 est bien plus aplati, avec une profondeur de 18.5mm pour 35mm de largeur interne contre 20mm de profondeur pour 26mm de largeur sur la Fortus 26, et que l’épaisseur de chaque parois peut varier d’un modèle à l’autre.

Autre constante à travers les différentes largeurs, chaque déclinaison de ces jantes soudées en aluminium 6061 T6 met à profit 32 rayons Sapim Race (2.0/1.8/2.0) par roue, montés par machine mais terminés/vérifiés à la main sur le site historique de la marque à Barnoldswick.

 

Moyeux


Moyeu Hope Pro 4

Chaque déclinaison des Fortus repose sur le moyeu maison Pro 4 de Hope, qui prend la suite du Pro 2 EVO.

Usiné à partir d’un bloc d’aluminium, le moyeu Pro 4 renferme à l’arrière un système 4-pawl à 44 dents (contre 40 sur le Pro 2 EVO) qui permet d’engager la roue libre tous les 8.2 degrés. L’interface disque est le 6 trous et les flasques acceptent les rayons coudés uniquement.

Bien que les Fortus utilisent toutes un montage à 32 rayons, le Pro 4, disponible comme les jantes Fortus, à la vente séparée, existe également en versions 28, 32 et 36 trous dans la majorité de ses tailles les plus courantes. L’inter-compatibilité est un des selling points de la marque, et les versions de ce moyeu sont pléthoriques.

Côté roue libre, le Pro 4 est disponible en corps de roue libre HG, XD et Micro Spline, ainsi qu’au format propriétaire Hope pour monter les rares cassettes de la marque, la dernière en date étant la 11 vitesses 10-40/10-44 lancée en 2016. Ces corps de roue libre sont par ailleurs plutôt bien distribués et il est donc aisé de passé de l’un à l’autre en cas d’évolution de sa transmission. La marque propose également un corps de roue libre HG en acier pour les applications VTTAE.

Côté standards relatifs à la longueur des moyeux et l’espacement des flasques, le Pro 4 couvre les formats Boost et Super Boost, mais également le 150×12/157×12 classique ainsi qu’une option pour cassettes de DH 7 vitesses (format qui permet d’espacer les flasques et gagner en rigidité) tant en 150/157 qu’en 135/142. Le format non-Boost traditionnel est toujours de la partie pour les réfractaires au changement et ceux qui peinent à maintenir un VTT un peu ancien faute de pièces compatibles. A l’avant, les axes de 15mm et 20mm sont de la partie, Boost ou non Boost. On retrouve un schéma assez classique de capuchons de différentes dimensions pour assurer une interchangeabilité entre standards compatibles, comme c’est le cas par exemple entre le 150×12 et 157×12.

Enfin, les moyeux de la marque sont disponible en anodisation de six couleurs différentes : noir, gris, rouge, bleu, violet et orange.

 

Standards et compatibilité


Corps de roue libre Hope Micro Spline

Comme on vient de le voir, la compatibilité assurée par Hope sur ses moyeux est aussi exhaustive que possible. Qu’en est-il des options offertes par la marque concernant ses roues complètes ?

Commençons par les tailles de roues. Hope propose le 26″ sur deux modèles uniquement, les Fortus 26 et Fortus 30. Pour le reste, 27.5″ et 29″ sont déclinés sur toute la gamme.

Si le moyeu Pro 4 offre une inter-compatibilité impressionnante, toutes les combinaisons ne sont pas proposées de série sur les roues vendues par Hope. Elles sont principalement fonction de l’utilisation escomptée de chaque modèle, et les moutures 26″, quand elles existent, sont parfois amputées d’un ou deux formats. Logique quand on considère par exemple que le standard Boost s’est démocratisé après la mort du 26″, mais que le 150/157 utilisé en DH l’était déjà bien avant l’apparition des grandes roues. Il conviendra à chacun de vérifier la disponibilité selon ses besoins, mais dans les grandes lignes les combinaisons les plus courantes supportées en 27.5″ et 29″ adhèrent au schéma suivant.

Les Fortus 23 sont disponibles en standard (100×15 avant et 135×12 arrière) ou Boost (110×15 avant et 148×12 arrière), les Fortus 26 ajoutent le 150/157mm, comme le font les Fortus 35. Les Fortus 30, à nouveau au cœur de la gamme, sont quant à elles proposées avec quasiment toutes les combinaisons possibles, supportant également les 135/142 et 150/157 au format 7 vitesses.

Bref, dans l’ensemble il est difficile de ne pas trouver chaussure à son pied, ce qui fait des Fortus une des rares options pour celui ou celle qui recherche des roues de qualité à prix correct pour une monte dont le support est en fin de vie.

 

Le mot de la fin


Hope se concentre donc sur un éventail de technologies très restreint pour définir son offre en roues VTT. Ce n’est pas une surprise, la marque étant connue et reconnue avant tout pour son travail de précision de l’aluminium, on la voit mal proposer des jantes en carbone (bien que les aficionados de la firme britannique ne manqueront pas de pointer du doigt le fait qu’elle propose néanmoins des périphériques en carbone, comme ses cintres).

Laissant de côté la chasse ultime au moindre gramme ou l’étalement tarifaire pour mettre des modèles à portée de toutes les bourses, elle s’appuie également sur un moyeu dernier d’une lignée à l’excellente réputation en termes de longévité et de résistance aux éléments pour décliner des produits qui se veulent avant tout robustes et capables de tenir sur la longueur, tout en assurant une compatibilité impressionnante à travers l’évolution des différents standards.

 

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Sébastien

Papa de Glisse Alpine et homme à tout faire depuis 2016. Rideur. Editeur. Photographe. Développeur. SysAdmin. Web Perf. SEO. Marketing. Café.

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2 commentaires sur “Roues VTT : tout savoir sur les Fortus, le modèle Hope passe-partout

  • 15 mars 2021 à 18 h 56 min
    Permalink

    Hello,
    Merci pour tous les articles effectués pour les roues, tokens, etc. qui sont expliqués de manière claire.
    A propos des roues, je pense qu’il serait intéressant de se pencher sur les roues montées par des artisans. En effet, dans cette jungle de cercle, de moyeux, de rayons, je pense intéressant de voir les options possibles qu’il y aurait pour ceux qui souhaiterait “sortir” des grandes marques.
    De mon coté, j’ai essayé les DTSwiss 1501 Splinline XRC en 29″ largeur 22,5 avec cercle aluminium (moyeux 240), les roues Syncros Silverton 1.0 Carbone en 29″ et les roues artisanales SwissAlps Iserab’ Carbon Evo (moyeu DT swiss 240) largeur de jente 22,5 en 29″.
    Pour les roues avec les cercles carbones (Syncros et SwissAlps, il n’y a pas photo, même si les sycros sont de bonnes roues, selon mois, les roues artisanales SwissAlps sont nettement supérieur. Je pense que la valeur ajouté avec des roues artisanales montées par des pros, fait la différence (sans pour autant dénigré les autres : ) ) leur contreintes ne sont pas les même.
    P.S : par essayé, je veux dire plus de 500 à 1000 km sur des parcours que je connais et pratique depuis plus de 15 ans. Après, je suis conscient que le ressenti est très personnel.

    Répondre
    • 16 mars 2021 à 23 h 15 min
      Permalink

      Salut Michel,

      Ton ressenti est je pense en phase avec ce que la plupart de ceux qui sont passés au montage artisanal constatent.

      J’avais vaguement évoqué le sujet dans mon article sur les jantes asymétriques, un montage main est dans l’immense majorité des cas bien meilleur que n’importe quel montage machine, même sur des roues haut de gamme.

      Un des problèmes des roues montées à la machine c’est que la différence de tension entre rayons d’un même côté est toujours très supérieure à ce que va produire un montage main où l’on va passer un temps conséquent à s’assurer que cette différence soit aussi faible que possible. Au-delà du fait d’avoir une roue droite, cette homogénéité joue un rôle important dans la tenue du rayonnage dans le temps, ce qui est peut-être le point le plus critique vu la vitesse à laquelle beaucoup de roues industrielles se dégradent, même quand elles semblent parfaitement droites à la réception et que l’on a pas l’impression de les malmener outre mesure.

      Répondre

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