Pourquoi le snowboard est plus fun que le ski

La sensation de “ride”


En 2011, j’ai repris le ski après 12 ans d’arrêt. Contrairement à ce que je pensais, c’est revenu très vite. Après juste une ou deux pistes bleues pour me remettre dans le bain, j’ai pu attaquer de la rouge sans difficulté. J’étais d’un côté assez content de retrouver aussi rapidemment un niveau décent, mais d’un autre côté je me suis vite rendu compte que les passages sur autre chose que de la piste rouge ou noire étaient profondément ennuyants.

Ca faisait un moment que je lorgnais du côté du snowboard, alors j’ai décidé de m’y mettre avec un pote. Et assez vite, ce fut la révélation. Même après 3 jours de pratique, je prenais plus de plaisir sur des pistes bleues qu’à pleine vitesse en ski sur des rouges. Mais pourquoi ?

Tout simplement parce que le snowboard offre cette sensation de “ride” qui est absente en ski. Les deux pieds sur une planche, les sensations sont totalement différentes et le corps se retrouve soumis à des forces inhabituelles. En équilibre instable, en appui sur une carre, ou flottant dans la poudre, on se prendre vite à dompter ce bout de bois qui semble avoir envie de vivre sa propre vie sous nos pieds.

 

Prendre son pied sur le plat


L’introduction est toute trouvée pour enchainer sur ce fait : pas besoin de beaucoup de pente pour prendre son pied en snowboard.

Plutôt freestyle ? Une montagne de figures permettent de se faire plaisir sans aller titiller les kickers dans le snowpark, notamment toutes les variations de butters (figures en appui sur les spatules). Un exemple de rider qui possède un style que j’aime beaucoup est Ryan Knapton, qui combine carving, butters et autres figures à haute vitesse sur le plat.

Plutôt freeride ? Carver des heures durant est toujours super fun et ne nécessite pas de pente très importante : une piste bleue convient tout à fait pour creuser des tranchées dans la neige et sentir la planche virer comme sur un rail.

 

snowboard carving
Pas facile de rester devant un skieur en vitesse pure, mais il n’y a qu’en snow qu’on peut poser la main !

 

Un accès plus facile à la peuf


Une sortie en hors-piste un jour de poudreuse avec des skieurs suffit à se rendre compte de la jalousie qui les anime en vous voyant flotter sans effort. C’est encore pire quand les conditions sont difficiles, et que la neige est croûtée par exemple : alors que les skieurs doivent négocier l’enfoncement différent de chacun de leur ski, ce problème est inexistant en snow, et même si les virages peuvent s’avérer plus difficiles que d’habitude, ça reste plus facile à gérer que deux skis aux pieds.

Il est donc plus facile, notamment pour un pratiquant de niveau moyen, de négocier des sorties en poudreuse, à un détail près : les passages sur du plat. Ils sont à éviter comme la peste en snow, sous peine de vous retrouver immobilisé avec de la neige jusqu’aux hanches !

Dernier bonus : pas de risque de perdre son matos en cas de chute.

 

snowboard peuf poudreuse
P-p-p-p-pOoOwW !

 

La sensation de liberté


Des chaussures confortables qui permettent de marcher facilement, une planche facile à transporter, et la sensation de vraiment rider déjà évoquée : le snowboard c’est aussi une super sensations de liberté sur et en dehors des pistes !

 

Un risque de blessure grave moins important


Bien que la majorité des sources donnent un risque 20% plus important de se blesser en snowboard qu’en ski, trois facteurs sont à prendre en compte pour relativiser ce chiffre :

  • Le nombre de blessures, et notamment de fractures du poignet, est le plus important chez le pratiquant débutant, le plus exposé. Ce type de blessure est plus facilement évité par la suite, car on apprend d’une part à chuter sans essayer de se retenir à tout prix avec les mains, et d’autre part le type de chute évolue et prédispose moins à ce type de traumatisme.
  • Le freestyle est une composante importante de l’esprit de ce sport, et entraine une exposition conséquente. Si l’on prenait en compte le nombre de blessures pour une pratique freeride pure (chiffre que je n’ai malheureusement pas trouvé et qui semble difficile à calculer), on se rendrait certainement compte qu’il est très bas.
  • Le type de traumatisme le plus fréquent a une portée moindre. En ski, un tiers des accidents concerne le genou : entorse, rupture des ligaments croisés. En snowboard, c’est la fracture du poignet qui représente un quart des blessures. En plus d’être plus minime qu’une blessure au genou très longue à traiter et guérir, il est possible de prévenir la fracture du poignet avec les protections adaptées (qui sont de plus peu onéreuses), ce qui n’est pas le cas du genou.

Personellement, le risque de blessure du genou m’a fait renoncer au ski pour de bon cette saison. Ayant des antécédants, je me suis longtemps posé la question de la reprise, mais le nombre hallucinant d’accidents constaté sur les pistes et autour de moi cet hiver m’a convaincu de me consacrer entièrement au snowboard.

Je touche du bois, mais pour le moment mes nombreux roulés boulés en snow n’ont entrainé que des bleus, même après m’être fait violemment punir à de multiples reprises.

 

snowboard chute avoriaz snowpark
Avoir les deux jambes attachées sur la même planche prévient bien des blessures, et une mauvaise réception finit souvent en roulé-boulé sans conséquence.

 

Toujours pas convaincus ?


Le snowboard, l’essayer c’est l’adopter. Nombreux sont les pratiquants qui sont passé de l’un à l’autre sans faire marche arrière. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas pratiquer ces deux sports à la fois ! Donnant chacun des sensations différentes, alterner entre l’un et l’autre est un bon moyen de toujours apprendre, progresser, et se faire plaisir, ce qui reste le plus important. Mais si vous n’avez jamais mis les pieds sur un snow, foncez, vous ne serez pas déçus du voyage !

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Sébastien

Papa de Glisse Alpine et homme à tout faire depuis 2016. Rideur. Editeur. Photographe. Développeur. SysAdmin. Web Perf. SEO. Marketing. Café.

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4 commentaires sur “Pourquoi le snowboard est plus fun que le ski

  • 2 septembre 2016 à 16 h 41 min
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    Arf! j’ai lu avec grand intérêt les articles vtt ou vidéo. Beau travail au passage.
    Mais là, c’est pas du grand n’importe quoi, mais presque!

    Même s’il y quelques points tout à fait valide, comme le risque de blessures grave, le reste de l’article m’évoque plutôt un problème de niveau en ski (en témoigne le passage sur la croutasse), ou un manque d’imagination dans ta façon d’aborder le ski, plutôt qu’une discipline plus fun que l’autre.

    Je peux notemment prendre en exemple le nombre de snowboarders qui sont revenus au ski ces 10 dernières années.

    Il est clairement plus facile d’avoir un bon niveau en snow qu’en ski.
    Mais carver sur une piste bleue, faire du flat ou flotter dans la peuf, tout cela est également possible en ski, est tellement plus facile qu’avant avec le nouveau matos à notre disposition (qui, il faut le dire, s’est largement inspiré du snow).

    M’enfin bon, le principal est de se faire plaisir, sur une ou deux lattes.

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    • 5 septembre 2016 à 17 h 45 min
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      Salut Tom,

      Mon avis sur les passages en hors-piste vient surtout des skieurs avec qui j’ai pu rider jusqu’à maintenant. Au-delà de la guéguerre ski/snow, ils s’accordent tous plus ou moins sur le sujet. Quand plusieurs riders qui font chacun au moins 10-15 jours de hp pur par saison et un guide me disent que certaines conditions sont vraiment galères à gérer en ski alors que je passe relativement facilement derrière, j’ai tendance à les croire. Ca ne veut pas dire qu’ils ne passent pas, loin de là, mais ça leur demande plus de niveau et d’efforts.

      Certains snowboarders repassent peut-être au ski, et c’est ce que j’aurais aussi aimé faire pour varier les plaisirs, mais combien ont appris le ski enfants, puis sont passés au snow sans jamais revenir en arrière ? Et dans les snowboarders qui sont repassés au ski, combien sont ceux qui l’ont fait surtout à cause des options réduites en ce qui concerne l’approche hors station : splitboards qui manquent de rigidité et n’offrent pas l’agrément de vrais skis en rando, raquettes peu pratiques, etc…

      Dans tous les cas, pour un pratiquant occasionnel au temps et au matos limité (cas typique de la majorité de la population qui passe une semaine par an en station l’hiver), le snow me semble offrir plus que le ski.

      Après tu as raison, même si les sensations ne sont pas les mêmes, le principal c’est de se faire plaisir ;).

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  • 5 décembre 2021 à 10 h 34 min
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    Bonjour ,
    Je reprends votre discussion , chacun a raison dans des cas bien precis :
    J’ai aujourdhui 72 ans :
    de 18 ans jusqu ‘à 40ans : ski , bon niveau , poudreuse , un peu de godille .
    de 40ans à 60 ans : snowboard , sauf 1 seul jour ou j’ai voulu rechausser des skis pour accompagner un ami et ça a ete la cata , j’arrivais plus à tenir mes skis parallèles et j’ai du dechausser .
    de 60 à 72 ans arret total de tout …
    Aujourd’hui à 72 ans , je voudrais reprendre pour sortir avec ma petite fille .
    reprendre quoi ? snow ou ski , j’en sais rien …

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    • 9 décembre 2021 à 13 h 32 min
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      @breton,
      J’ai environ 30ans de moins avec forcement une vie de glisse+ courte mais proche; pour moi 10ans de ski alpin puis 20ans de snowboard, avec infidèllités pour rider sans regret puis sont apparus les ‘fat’ avec les rockers qui vont bien, ça m’a donné le feeling d’avoir un snow à chaque pied, il faut dire que malgré les changements de planches, j’ai toujours été obligé de mettre de l’angle dans le stance pour carver engagé, et ce n’est plus le cas en biplanches, malgré la difficulté de repartir le poids dans la peuf, j’ai le sentiment d’avoir plus de portance avec mes soul7 que ma K2 !
      Je confirme la déformation du snowboard sur les skis, incroyables comment les muscles mémorisent.
      Pour moi le remède a été : prendre le Max de tire-fesse en se concentrant sur le parallélisme des skis. Dans les années 90 on faisait pareil avec nos snowboards pour rider où on voulait et pas forcément là où la planche voulait, mais c’est autre chose.
      Donc pour moi reprends des skis, mais pas des modèles exigeant de compèt, plutôt des cool à la freeride backcountry, et surtout recherche le plaisir à la sensation plutôt qu’à la vitesse, perso j’ai ce feeling avec mes soul7, je les ride comme si j’étais en snow mais j’ai une modulation de vitesse beaucoup plus sociale

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