Fourches VTT : tout savoir sur la gamme Öhlins

Marque mythique dans le monde du sport automobile, Öhlins parvient par la simple évocation de son nom à faire saliver celles et ceux qui sont passés par la moto notamment avant de prendre la voie du VTT. Ce n’est pourtant que très récemment que la marque suédoise fondée par Kenth Öhlins en 1976 a fait une véritable entrée dans le domaine.

Si la marque a connu un clair succès tant en moto qu’en auto, s’invitant en MotoGP ou en Formule 1, elle a comme beaucoup traversé les années en passant de main en main. Passée en 1987 sous le giron Yamaha, son contrôle fut toutefois reprise par son fondateur vingt ans plus tard quand Kenth Öhlins racheta en 2007 95% des parts de la compagnie. L’histoire de s’arrête pas là cependant, puisque Öhlins est depuis deux ans détenue majoritairement par Tenneco, un nom qui ne manquera pas de faire réagir ceux qui ont déjà parcouru mon article précédent dédié aux suspensions Marzocchi.

Plus proche de nos basses considérations, la marque fit son entrée récente dans le monde du VTT en compagnie de Specialized avec des premiers prototypes de fourches apparus en 2015 succédant à l’amortisseur TTX timidement lancé en 2013, et c’est sous les pieds de rideurs comme Loïc Bruni qu’elle est maintenant la plus visible sur le circuit professionnel.

Nous sommes donc à nouveau en présence d’une gamme assez fraîchement développée à la recherche de maturité et les modèles sont pour le moment limités et orientés vers les disciplines engagées, ce que je vous propose de voir plus en détails sans plus attendre.

 

RXF 34


Ohlins RXF 34Première fourche à être lancée par la marque suédoise pour 2016, la RXF34 est destinée à des pratiques allant du trail léger à l’all-mountain.

Architecturée autour de plongeurs de 34mm de diamètre, elle propose trois débattements : 120, 140 et 160mm.

La RXF 34 emploie la cartouche TTX22 twin-tube (piston de 22mm), design hérité de la MotoGP, où l’huile circule entre deux tubes, l’un étant localisé à l’intérieur de l’autre. Les réglages en compression haute et basse vitesse ainsi que le rebond sont disponibles.

Côté air les choses sont différentes de la plupart des modèles concurrents puisque Öhlins s’appuie non pas uniquement sur deux chambres (une positive, une négative) comme c’est communément le cas, mais trois ! Cette dernière chambre a pour rôle de remplacer le système de tokens ou cales qui permettent de modifier la courbe d’amortissement ou résistance au talonnage, qui s’effectue ainsi en modifiant la pression de celle-ci via une valve supplémentaire.

Côté châssis la RXF 34 intègre la couronne au té, ce qui présente l’avantage de ne pas se retrouver à galérer avec son tournevis et son marteau lors d’un changement de fourche, mais réduit les formats de roulements de jeu de direction utilisables au 52x40x7mm. L’axe de 15mm n’est quant à lui pas QR.

Quatre ans après son lancement, ce modèle est en marge du reste de la gamme Öhlins, affiché uniquement au fomat 29″ et aujourd’hui bien difficile à trouver même si, étonnamment, il figure toujours au catalogue de la marque, ce qui lui vaut son paragraphe dédié dans cet article. On me signale cela dit dans l’oreillette qu’il n’existe plus pour les pros de stock depuis janvier et que la RXF 34 n’est plus référencée ni commandable, ce qui semble pointer vers une fin de vie actée pour ce modèle non-Boost disponible uniquement en 15×100.

 

RXF 36 M.2 / RXF 36 Evo


Ohlins RXF 36Ce modèle qui comme son nom l’indique emploie des plongeurs de 36mm semble au premier abord compléter la RFX 34 sur le segment enduro. La réalité est un peu différente, puisque Öhlins décline la RXF 36 de 100mm à 180mm de débattement, positionnant cette fourche sur une très large plage d’utilisations, couvrant également celle du modèle vu précédemment. On peut donc dire que la RXF 36 est le modèle à tout faire de la marque suédoise, du trail à l’enduro en passant par l’all-mountain.

Les débattements disponibles suivent un schéma un peu tortueux. En version air, sont disponibles directement à la vente les moutures 140, 150, 160 et 170mm, tandis qu’il est théoriquement possible de les passer en 100, 120 ou 180mm par la suite. En version coil, tous les débattements de 120 à 170mm sont disponibles par incrément de 10mm.

De manière générale Öhlins n’utilise pas ou plus de distinction par année, tout du moins visible par le client, et les améliorations incrémentales ou changements subtiles de spécifications se font au fil du temps sans grosse rupture de nommage.

Cette fourche met à profit une cartouche là encore basée sur la technologie TTX twin-tube, ici en version TTX18 au piston de 18mm, mouture développée initialement pour la DH 38 que nous verrons par la suite et qui selon la marque s’avère plus sensible sur les petits chocs. A nouveau on trouve la possibilité de se régler en rebond, compression basse vitesse et compression haute vitesse, cette dernière proposant trois clics et un mode montée/pédalage qui agit sur la LSC.

La différence principale entre le modèle M.2 et la version Evo est bien cette nouvelle cartouche, présente sur la première mais pas sur la seconde.

Côté ressort, deux choix sont possibles, avec une version air mais aussi une version à ressort hélicoïdale. Sur la première on trouve le même système à trois chambres que celui évoqué pour la RXF 34, avec un réglage de la courbe d’amortissement via une valve supplémentaire située à la base du fourreau. On peut noter qu’il est sur ce modèle possible de passer de l’air au ressort au gré de ses envies et autant de fois que désiré, puisque le ressort à air est totalement indépendant des plongeurs, tandis qu’il est généralement déconseillé de passer du ressort à l’air, l’étanchéité d’un système classique n’étant plus assurée après avoir introduit un ressort qui peut endommager la surface interne du plongeur.

Continuons avec le châssis, qui outre le diamètre des plongeurs porté à la hausse par rapport à sa petite sœur voit la couronne intégrée supprimée pour proposer une configuration standard. On peut aussi noter l’emploi d’un axe Boost 15x110mm qui n’est toujours pas au format QR, mais qui en plus se voit doter d’une pince de verrouillage que l’on retrouve habituellement sur les modèles de DH et qui doit permettre de mieux aligner plongeurs et fourreaux pour réduire les frictions.

Deux offsets sont proposés, 38 et 46mm pour les modèles 27.5″ ainsi que 44 et 51mm pour les modèles 29″.

 

DH 38 Race / DH 38 M.1


Ohlins DH 38Terminons avec la DH 38, le modèle, vous l’aurez compris, destiné à la descente avec un grand D.

A nouveau on trouve plusieurs itérations non liées à un millésime ou MY, ici l’originale Race et la version M.1.

Pas de grande surprise sur les bases de ce modèle : des plongeurs de 38mm, un double-té, et un débattement de 200mm. Les différences entre les deux versions sont incrémentales : nouveaux joints, nouveaux lubrifiants, quelques changements au niveau de la cartouche et de la partie air ainsi que le passage à l’outil au format démonte-cassette comme sur la RXF 36 M.2 pour sortir celle-ci.

La cartouche utilisée est la TTX18 évoquée précédemment. On peut noter que Öhlins commercialise cette cartouche pour une utilisation dans des modèles d’autres marques comme la Boxxer de Rockshox, la 40 de Fox ou la Bomber 58 de Marzocchi.

Les réglages externes en rebond, HSC et LSC sont à nouveau disponibles, ici de manière fort logique sans option pédalage, qui se voit remplacée par deux clics supplémentaires de HSC.

Côté ressort on retrouve une unique version air, qui renferme sur ce modèle la technologie TTSC ou Total Tune Spring Curve System, qui permet un degré d’ajustement impressionnant. Le design de base emploie toujours trois chambres, une positive, une négative, et une permettant d’ajuster le comportement en fin de débattement. Mais la marque suédoise introduit avec TTSC l’emploi de tokens dans chacune des deux chambres positives pour modifier encore plus finement la courbe d’amortissement.

La DH 38 est disponible en 27.5″ et 29″ et quatre offsets, 46, 50, 54 et 58mm, le tout au format DH Boost 20×110. Autre point de différenciation, l’axe est sécurisé par une double pince là où l’on en retrouve en général une seule. Comme sur sa petite sœur, l’idée est pour cette fourche d’aligner au mieux l’ensemble plongeurs/fourreaux pour réduire les frictions.

 

Le mot de la fin


L’entrée de la marque suédoise sur le marché du VTT est très intéressante après quelques années qui permettent d’avoir un peu de recul sur les prestations et performances offertes. Si les tests s’accordent pour dire que les suspensions noir et or marchent bien, Öhlins n’a pas non plus introduit de révolution sur ce plan. Les technologies apportées sont en revanche intéressantes par les différences qu’elles apportent. La marque premium se positionne avec des produits à la conception unique dans le sens où certains des choix techniques effectués sortent des sentiers battus. Les prix reflètent en tous cas ce positionnement élitiste qui n’a rien à envier à son concurrent au renard.

Est-ce que Öhlins joue de son image pour vendre ? Certainement. Il n’échappe à personne que la solidité de la marque et sa puissante image constituent des atouts majeurs pour vendre, jusqu’à proposer stickers et merchandising au sein même du catalogue. Mais ce positionnement très haut de gamme semble au moins en partie réussi quand on considère certains selling points spécifiques apportés par des technologies comme TTSC qui ne manqueront pas d’enthousiasmer celles et ceux qui expérimentent constamment de nouveaux réglages.

Pour terminer, on peut noter que la marque suédoise n’échappe pas aux tendances du moment et semble prévoir elle aussi la sortie cette année d’un modèle simple-té en plongeurs de 38mm, la RXF 38. Je ne manquerai évidemment pas de mettre à jour cet article quand ce sera fait.

 

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Sébastien

Papa de Glisse Alpine et homme à tout faire depuis 2016. Rideur. Editeur. Photographe. Développeur. SysAdmin. Web Perf. SEO. Marketing. Café.

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2 commentaires sur “Fourches VTT : tout savoir sur la gamme Öhlins

  • 2 février 2021 à 22 h 44 min
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    Excellent article très bien écrit qui n’a rien à envier à ceux régulièrement édités dans les webzines les plus connus dans ce domaine que je me garderai bien de nommer…

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