Casques VTT : le point sur les modèles all-mountain et enduro hybrides

Aujourd’hui, les VTT modernes sont chaque année (ou presque) plus rapides tout en se révélant plus faciles (ou presque) et plus accessibles qu’avant. Constat qui va de pair avec une exposition et une prise de risques (parait-il) plus grande. La question de la protection du pilote se pose donc plus que jamais.

Les trois ou quatre dernières années ont vu une explosion du nombre de modèles convertibles ou modulables à mandibule ou mentonnière détachable, qui offrent une protection de tout le visage au contraire du simple casque bol classique qui se concentre sur la protection du crâne de son utilisateur. Quand certains dénoncent une nouvelle course à l’armement, je considère au contraire la démocratisation de ce type de casque comme une excellente avancée.

Comme beaucoup dubitatif à ses débuts, j’ai en un week-end opté pour la pilule rouge après avoir longuement discuté de son intérêt le samedi avec l’ami Simon arborant fièrement son Bell Super 2R et le voir le dimanche cinq mètres devant moi accrocher une pédale contre une racine en bord de single, être propulsé comme un missile par dessus la machine et s’écraser tête la première quelques mètres plus loin dans un magnifique face-plant.

L’intérêt de ce type de casque est bien réel et deux philosophies cohabitent aujourd’hui dans cette catégorie de casques hybrides. D’un côté, les casques à mentonnière détachable, réellement convertibles, que l’on peut porter en mode bol à la montée et en mode intégral à la descente. Ils sont idéaux pour les sorties montagne pyramidales à la journée.

De l’autre, les intégraux légers très ventilés, dont la mentonnière est fixe. Ils possèdent l’avantage de toujours protéger le rideur, qui sur les sorties qui alternent montées et descentes finit trop souvent par ne plus remettre en place la mandibule sur le premier type de casque car l’opération nécessite la plupart du temps de s’arrêter, récupérer la pièce sur ou dans son sac, et parfois même enlever complètement le casque.

Ce deuxième type de protection a en revanche l’avantage d’être souvent mieux aéré que le premier une fois la mentonnière en place, ce qui limite grandement l’effet “four” à la montée tant qu’un petit flux d’air subsiste. Comme nous allons le voir, la frontière tend à disparaître entre ces deux philosophies, l’avantage d’un casque très aéré et celui de la mandibule amovible se mariant plus facilement encore à chaque itération.

Depuis les modèles historiques comme le tout premier Giro Switchblade de 1998 ou le premier Parachute de MET lancé en 2008, qui n’ont à l’époque pas rencontré un franc succès, à leur résurgence depuis 2015 via le Bell Super 2R et le nouveau Parachute, beaucoup de chemin a été parcouru, et nombreuses sont les marques qui proposent maintenant l’un ou l’autre de ces types de casques. Je vous propose aujourd’hui de faire un tour d’horizon des options disponibles si vous êtes à la recherche d’une protection de cet acabit.

 

Bell Super 3R


Bell Super 3R

La série Super R de Bell est celle qui a relancé le format du casque convertible avec le Super 2R en 2015, et il est donc bien normal que l’on commence par elle.

Le Super 3R commercialisé en 2017 reprend la même philosophie et plutôt que révolutionner le format propose quelques améliorations vis à vis de son prédécesseur.

Comme sur tous les casques modernes on trouve un système de réglage à molette, ici baptisé Float Fit, pour s’adapter précisément à tous les crânes.

Le système MIPS (Multi-Dimensional Impact Protection System, à vos souhaits), qui depuis son introduction n’a toujours pas fini d’agiter la communauté sur son intérêt, est bien présent ici. Pour rappel mais sans rentrer trop dans les détails, cette technologie découple la liaison avec le crâne de la coque du casque pour permettre à ce dernier de pivoter lors de l’impact et ainsi réduire l’effort en rotation transmis au cerveau.

La mentonnière est verrouillée à la partie supérieure du casque en trois points via un système qui aujourd’hui est peut être l’un de ceux qui paraissent les plus complexes vu les progrès faits par d’autres modèles.

Le poids annoncé par Bell est de 784g en taille M.

 

Bell Super Air R


Bell Super Air R

Le Super Air R, lancé en 2019, est l’évolution directe du Super 3R, avec un look retravaillé et quelques ajustements.

On retrouve par exemple le système de réglage du tour de tête Float Fit ou la technologie MIPS déjà présents sur le Super 3R. La fixation de la mandibule évolue cependant, et passe de trois à deux points, situés à l’arrière du casque. La sangle reste sur un système à clip.

Le poids de ce modèle s’élève à 640g en taille M, 410g une fois la mentonnière retirée, soit environ 140g de moins que le Super 3R.

L’évolution côté look est la bienvenue ; comme nous le verrons sur d’autres modèles ce marché est maintenant arrivé à une certaine maturité et l’époque où le Super 2R ou le Parachute de MET étaient clairement identifiables, de loin, à ce type de modèle hybride, est révolue. Ces casques qui ne sont plus très loin des modèles intégraux classiques en reprennent tous les codes stylistiques actuels et n’en sont plus très différents en ce qui concerne leur aspect extérieur.

La transition est donc toute trouvée pour passer à un autre modèle de la gamme Bell, le Super DH.

 

Bell Super DH


Bell Super DH

Le Super DH, mis sur le marché en 2018, a pour but de fournir davantage de protection encore que le Super 3R ou le Super Air R. Si l’on reprend le fil chronologique de sa commercialisation, on ne peut s’empêcher de penser que le look très contemporain du Super DH fut un élément pivot qui mena la marque à proposer le Super Air R. Mais l’atout principal mis en avant par ce modèle est la protection, avec une certification ASTM F-1952-15 considérée comme la certification de référence pour les casques de DH (les pré-requis de cette certifications restent un sujet à débat, mais c’est une autre histoire).

La technologie MIPS présente sur les deux modèles vu précédemment passe au niveau supérieur sur le modèle actuel avec le “MIPS Spherical” qui, pour faire simple, emploie deux couches de mousse EPS qui glissent entre elles plutôt que des inserts en plastique présents sur le MIPS classique. On notera au passage qu’il existe une version intermédiaire nommée “Integrated MIPS” qui itère sur la première en réduisant l’encombrement du système.

La sangle se ferme via le système Fidlock que j’avais déjà évoqué lors de mon test de l’O’Neal Fury, un système très pratique qui permet d’attacher ou retirer son casque très rapidement tout en assurant sur le papier le même niveau de sécurité qu’une double boucle.

Le poids est logiquement supérieur aux alternatives destinées aux pratiques moins engagées et est annoncé à 880g ou 480g sans mandibule, ce qui en dit long sur l’attention apportée à cette dernière quand on considère que celle du Super Air R pèse quasiment la moitié du poids de celle présente sur le Super DH.

 

MET Parachute


MET Parachute MCR

Pionnière du casque intégral léger et ventilé depuis la première mouture lancée en 2008, puis retirée du marché devant le manque d’engouement du public, MET est revenu à la charge en 2015 avec un nouveau Parachute HES (dont vous pouvez lire mon test complet) que la marque a encore fait évoluer l’an dernier via une version MCR. Casque intégral léger et ouvert à l’origine, il est depuis cette dernière itération devenu un vrai modèle hybride qui se dote maintenant d’une mentonnière amovible.

L’accent a été mis par MET sur la facilité d’installation de la mandibule pour ne pas avoir à retirer le casque et la marque a dans ce but travaillé avec FidLock pour proposer un système aidé d’aimants à deux points d’ancrage. MET en profite pour doter cette dernière mouture du Parachute d’une sangle au système d’accroche venant également de FidLock, comme Bell avec son Super DH.

Le réglage du tour de tête se fait via un système Boa et on peut noter l’emploi par MET du système MIPS comme nombre de modèles similaires.

Puis que l’on parle protection, le Parachute répond également à la fameuse certification ASTM F-1952-15.

Le poids est en ligne avec les modèles équivalents chez d’autres marques, annoncé à 833g en taille M et 461g sans mandibule.

 

Leatt DBX 3.0 Enduro


Leatt DBX 3.0 Enduro

Leatt est sans doute l’une des marques les plus précoces de la seconde vague (!) qui a déferlé une fois le format validé comme populaire et économiquement viable avec le DBX 3.0 Enduro proposée fin 2017. C’est surtout peut-être la marque qui le plus rapidement compris l’importance d’un design réussi et les codes stylistiques qui allaient faire la réussite des modèles à venir.

La discrétion de Leatt sur le marché français prend peut-être sa source dans un placement haut de gamme et une politique tarifaire détonante à une époque où dépenser près de 200€ dans un casque faisait suite à une longue réflexion. Vu les tarifs pratiqués actuellement ce ticket d’entrée élevé se fond dorénavant totalement dans le paysage.

Bref, la marque connue à l’origine pour ses supports de cou propose aujourd’hui deux modèles, le DBX 3.0 V2 Enduro et le DBX 4, le DBX 3.0 Enduro étant le modèle convertible de Leatt.

Le DBX 3.0 Enduro n’utilise pas le système MIPS mais s’appuie sur une solution propriétaire baptisée 360° Turbine Technology pour délivrer une prestation similaire qui repose sur l’emploi de disques souples en gel.

La mentonnière est verrouillée en deux points à l’arrière du casque et on trouve là encore le système FidLock côté sangle jugulaire.

Le poids annoncé pour ce modèle est de 750g ou 375g sans mandibule.

 

Leatt DBX 4.0


Leatt DBX 4.0

Rare exception dans cette liste de de casques hybrides, Leatt prend avec le DBX 4.0 le contre-pied de MET qui a transformé son casque intégral ventilé en un modèle hybride convertible. La marque propose en effet en plus de son DBX 3.0 Enduro que l’on vient de voir une mouture DBX 4.0 à mandibule fixe inamovible.

A l’instar de ce que fait Bell en proposant une solution plus tournée vers une pratique raisonnée et une autre pour les plus intrépides, Leatt offre avec ce DBX 4.0 un intégral ventilé aux accents DH. Contrairement au DBX 3.0 Enduro, le DBX 4.0 est certifié ASTM F1952–10.

On retrouve en revanche le système de fermeture de sangle FidLock et la techno 360° Turbine Technology.

Ce modèle est également équipé d’une grille amovible en face de la bouche pour améliorer le flux d’air à la montée.

Enfin, il faut noter si ce n’était fait que le DBX 4.0 est bien un modèle qui se distingue tant dans sa conception que son look du DBX 3.0 Enduro, et non pas juste un DBX 3.0 Enduro à mandibule fixe.

Le poids de ce modèle est donné à 850g, soit 100g de plus que son petit frère.

 

Giro Switchblade


Giro Switchblade

OG du casque VTT convertible avec son modèle historique commercialisé en 1998, Giro a relancé le Switchblade près de vingt ans plus tard en prenant à nouveau un parti pris qui le démarque de la concurrence. Le Switchblade a dès son lancement début 2017 donné le ton en se positionnant comme un casque intégral de DH à mentonnière amovible plus qu’un casque bol convertible, philosophie qui prédomine de manière très perceptible par exemple chez Bell avec les Super 2R et Super 3R.

Cette façon de voir les choses est la plus notable quand on s’intéresse au form-factor de ce casque. La partie amovible de la mandibule ne fait pas le tour du casque contrairement à l’immense majorité des modèles que nous avons pu voir jusqu’à présent et le Switchblade couvre les oreilles même dans son plus simple apparat. Giro nomme ce style qui fait penser au fomat jet “Full Cut”. C’est donc un modèle qui tient plus chaud et qui est moins aéré, mais qui était à son lancement le seul à afficher la certification ASTM F1952.

Le système de fixation de la mandibule est lui aussi différent de ce que l’on a l’habitude de voir. Plutôt que passer par un verrouillage à cliquet, on trouve sur le Switchblade des tiges d’acier qui viennent se clipser dans la partie principale du casque.

Ce modèle est équipé du système MIPS et le réglage du tour de tête se fait via une molette appartenant au système que la marque appelle Roc Loc DH. La sangle jugulaire est elle aussi imposante et rembourrée, avec un verrouillage à deux boucles ou double D.

Le poids de l’ensemble se rapproche dangereusement du kilo, annoncé à 975g.

 

Urge Gringo


Urge Gringo

La marque française lançait il y a un an son Urge Gringo, un modèle qui au premier regard mélange pas mal les genres en terme de design pour proposer un casque assez atypique qui semble vouloir faire beaucoup de choses à la fois.

Pour commencer, deux sous-modèles existent : le Gringo De La Pampa et Gringo De La Sierra. Ils sont sur le papier destinés respectivement à ceux qui vont rarement enlever la mentonnière et ceux qui préfèrent monter sans, la version De La Sierra employant une grille amovible à l’image du Leatt DBX 4.0. C’est peu ou prou tout ce qui semble différencier ces versions sur le plan fonctionnel.

Les points d’ancrage de la mentonnière sont très avancés sur le casque, ce qui peut donner l’impression au premier coup d’œil d’une solution à la Switchblade. Mais il n’en est rien, en la retirant on finit bien avec un bol et non un format jet comme c’est le cas sur le modèle de Giro. Malgré cette couverture importante du crâne, le haut du casque est pour assurer une ventilation importante très classique dans son design, à l’opposé de ce que font la majorité des marques qui reprennent les codes stylistiques des intégraux de descente.

Pas de MIPS, ni de certification DH au programme sur ce modèle.

Le poids est donné à 790g ou 390g sans mandibule.

 

Fox Proframe


Fox Proframe

Autre rare modèle à opter pour le format intégral très ventilé plutôt que mentonnière détachable, le Proframe associe à un style proche de ses modèles DH un gros travail sur le poids et l’aération. Peut-être trop d’ailleurs diront certains au vu de la mandibule très découpée qui privilégie un flux d’air maximal en montée.

Ce modèle était en tous cas à sa sortie en 2017 le premier casque à ne pas faire de compromis au niveau look et seul un prix plutôt élevé le mettait un peu en retrait de modèles comme le Parachute, ce à quoi je faisais d’ailleurs référence lors de mon test du modèle de MET. Aujourd’hui ce n’est plus vraiment le cas, les prix ayant enflé davantage qu’un confiné privé de sport en période de pandémie.

Le Proframe utilise lui aussi la technologie MIPS pour réduire la transmission de force en rotation et comme d’autres opte pour une boucle magnétique de type FidLock pour refermer la sangle jugulaire. Point notable, la visière n’est sur ce modèle pas ajustable. Il est cependant certifié ASTM F1952.

Le poids affiché est de 750g en taille M.

 

Troy Lee Designs Stage


Troy Lee Designs Stage

Dernier modèle sur la liste, le Stage de TLD opte lui aussi pour la solution intégral très aéré plutôt que mentonnière amovible en se basant sur son casque intégral D3.

Comme le Proframe mais pas de manière aussi extrême, de large découpe ont été taillées notamment dans la mandibule pour permettre à l’air de circuler avec le moins de restrictions possible.

On retrouve la certification ASTM F1952 et l’emploi de la technologie MIPS, ainsi qu’une boucle FidLock. Le Stage est également livré avec des mousses d’épaisseurs différentes pour affiner le fit.

Le poids annoncé est de 685g en taille M/L.

 

Le mot de la fin


Via ce nouvel article fleuve j’espère vous avoir aidé à faire un tour d’horizon de ce qui est actuellement disponible sur le marché avant de creuser davantage les modèles qui vous intéressent. Comme d’habitude, si vous pensez qu’un produit mérite sa place dans cette liste, n’hésitez pas à me le signaler dans les commentaires pour que je la mette à jour.

 

Vous avez aimé ce guide ? N’hésitez pas à le faire savoir juste en dessous dans les commentaires ou avec un like sur la page Facebook de Glisse Alpine pour ne pas rater les prochains !

Besoin de plus d’informations ? Posez vos questions dans les commentaires !

 

Note : les liens en italique pointant vers un vendeur sont des liens affiliés. Si vous les utilisez pour faire votre achat, une commission m’est versée par le vendeur, sans que le prix n’augmente pour vous. Un grand merci à vous si vous les utilisez, je m’offrirai une bière à l’issue de ma prochaine sortie !

 

Besoin de conseils pour choisir les meilleurs pneus ?

 

VTT-tout-savoir-pour-choisir-ses-pneus-400

 

Dans ce guide gratuit d'une dizaine de pages, je vous explique comment déchiffrer l'offre actuelle et choisir les meilleurs pneus VTT pour votre pratique.

Gomme, carcasse ou encore dessin n'auront plus de secret pour vous, et une sélection des grands classiques du pneu de vélo de montagne vous permettra de partir sur des bases sûres !

 

Vous aimerez aussi :

Sébastien

Papa de Glisse Alpine et homme à tout faire depuis 2016. Rideur. Editeur. Photographe. Développeur. SysAdmin. Web Perf. SEO. Marketing. Café.

icone facebook icone twitter icone rss icone youtube

2 commentaires sur “Casques VTT : le point sur les modèles all-mountain et enduro hybrides

  • 25 juin 2020 à 18 h 53 min
    Permalink

    Encore une fois bravo pour cet état des lieux. C’est nickel d’avoir sous la main dans un même article un tour d’horizon de ce qu’il se fait dans tel ou tel domaine.
    Je voulais juste avoir ton avis sur une marque de casque, Kali avec son modèle Invader. Je suis tombé dessus en parcourant une revue et à priori c’est une marque qui a déjà fait son chemin mais encore peu visible.
    Le prix et le poids m’ont impressionné.
    Il semble hyper ventilé, très appréciable quand on use la gomme de nos bikes en plein été.

    Répondre
    • 4 juillet 2020 à 10 h 07 min
      Permalink

      Salut Vincent,

      Merci pour ton commentaire !

      Comme tu le dis Kali est moins connu que les marques que l’on a l’habitude de voir mais ils sont loin d’être nouveaux dans le domaine.

      Je ne connaissais pas l’Invader, il a été lancé cette année, peu de vrais tests mais sur le papier il a en effet l’air très bien ventilé.

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.