Topo Bikepark : Alpe d’Huez

Terre d’acceuil de la célèbre Megavalanche, l’Alpe d’Huez propose une foultitude de tracés allant du XC au DH sur un vaste domaine. Elle fait partie de ces grandes stations qui visent un large public qui ne se limite pas aux fous-furieux de la descente et n’ouvrent que pendant les vacances d’été.

Beaucoup de bikeparks ont un selling point qu’on découvre rapidemment après avoir un peu limé les pistes. Pour certains ce sont des pistes toboggan, des modules XXL, ou encore une approche minimaliste axée vers la pelle, la pioche et le rateau utilisés avec parcimonie. Qu’en est-il de l’Alpe ? Réponse après quelques journées de découverte intensive.

 

Le domaine de l’Alpe d’Huez en quelques mots


Je ne suis personnellement pas super fan de la station en elle-même. Avec un front de neige très long, un étalement sur plusieurs niveaux et un mélange vintage-industriel sans grand charme qui tend maintenant plutôt vers le second, la station de ski qui revendique la piste noire la plus longue d’Europe, voir du monde (ce qui fait toujours autant rire à l’apéro), n’a jamais trouvé sa place dans mon coeur, mis à part pour son snowpark débutant/intermédiaire plutôt bien agencé.

“L’Alpe d’Huez propose un domaine qui s’étend sur une vaste superficie.”

L’Alpe d’Huez propose un domaine qui s’étend sur une vaste superficie pour un tarif très raisonné, puisque le prix de la journée se limite à 18€. Cette modique somme donne accès à 11 remontées mécaniques et quelques navettes, qui permettent de monter d’Allemont à 720m d’altitude jusqu’au Pic Blanc à 3300m, point de départ de la Mega.

On trouve 10 pistes de DH, 12 pistes classées enduro et 13 tracés cross-country. Le domaine est vraiment très étendu avec des boucles XC qui partent jusqu’à Auris et Bourg d’Oisans, mais le gros des pistes de descente et d’enduro reste néanmoins concentré sur un espace bien plus réduit.

 

Alpe d'Huez - Plan Bikepark

 

L’agencement remontées/pistes est plutôt réussi, avec un bémol. La remontée principale, DMC1, permet d’accéder directement à 5 des 10 pistes de DH. Cette remontée est d’ailleurs bien la seule pour laquelle il faut parfois patienter quelques minutes avant d’embarquer devant l’affluence dont elle fait l’objet. Il ne faut pas non plus être pressé une fois à l’intérieur et c’est une critique qu’on peut également formuler l’hiver : si toute la zone en amont du front de neige convient parfaitement aux débutants par sa faible pente, les remontées s’en retrouvent bien longues à cause du peu de dénivelé avalé.

“On ne rencontre pas grand monde dès qu’on s’éloigne du DMC1.”

Mais mon bémol ne concerne pas DMC1, il est plutôt formulé à l’encontre du reste du système de remontées. Comme sur beaucoup de grands domaines, mais plus encore parce que l’Alpe mêle remontées et navettes, il est bien compliqué de naviguer sur le domaine quand on l’aborde pour la première fois en espérant ne pas se retrouver temporairement bloqué en bas. On ne rencontre d’ailleurs pas grand monde dès qu’on s’éloigne du DMC1, et en trois jours nous avons usé de la pédale presque à chaque fois que nous nous sommes un peu éloigné du centre névralgique de la station. Je reviendrai au fil des pistes sur ce point.

Enfin, l’accès au domaine par Oz, voir Vaunjany dans une moindre mesure, peut valoir le coup pour réduire les temps de trajet ou le prix d’un séjour de plusieurs jours.

 

Les pistes : DH et Enduro


Si le domaine réserve de bonnes surprises, commençons par les points noirs. Toutes les pistes ne se valent pas dans le travail de shape et la recherche d’un tracé qualitatif.

L’EN7 (Crazy Mustang) par exemple, si elle permet de faire une longue boucle de 8km par le nord, semble avoir laissé la quantité prendre le pas sur la qualité. Quelques pépites sont bien présentes comme ces deux wall-rides qui se succèdent en début de tracé et les passages empierrés. Mais la longue transition sur piste de ski est loin d’être aussi agréable, tout comme la courte remontée sur route avant d’arriver à Vaujany. Certes, c’est un tracé enduro me direz-vous.

Alpe d'Huez - Plan Bikepark - Pistes DHEntre Huez 1860 et 1470 on trouve le niveau inférieur du bikepark à proprement parler, avec la seconde moitié des pistes de descente, qu’il faut aborder après une petite remontée à la pédale. La D6 bleue, les Mélèzes, sans grand intérêt dans sa première moitié se renforce sur la seconde avant de rejoindre la D4 rouge, Huez Coast. Cette dernière est assez fun avec un drop depuis un gros rocher en cours de route. La fin commune avec la D6 est vraiment agréable avec des virages intéressants, quelques obstacles naturels et passerelles.

La remontée dans les oeufs est elle plus éprouvante que la descente quand il fait 30°C à l’extérieur. Il est possible de faire Huez Coast en boucle via cette remontée, mais rejoindre le reste des pistes impose de rejoindre le DMC1. Deux solutions : la navette qui passe toutes les heures ou, encore une fois, faire usage de la pédale. Vous vous en doutez maintenant un peu peut-être, quand on ne le connait pas, le bikepark de l’Alpe s’aborde plus sereinement avec un enduro qu’un DH…

Passons à la partie supérieure du bikepark. La sortie du DMC1 offre un accès direct à 5 pistes de DH : 2 vertes pour les débutants, D8 et D9, deux bleues marrantes, D1 (Run DMC) et D7 (Hot Road), ainsi que la D5, Rock & Wood.

Run DMC est une piste à virages relevés très classique avec quelques embranchements et quelques rares tables. Pas de quoi défriser les moutons, mais de quoi descendre full speed sans toucher aux freins, ou presque.

“Hot Road […] est une piste un peu schizophrène…”

Hot Road descend quant à elle vers le nord puis longe la route dans une succession de tables. C’est une piste un peu schizophrène : si vous vous retrouvez dans le traffic et perdez trop de vitesse il est impossible d’enchainer toutes les tables correctement. En revanche, en attaquant chaque virage et avec beaucoup d’impulsion sur chaque appel, il est possible de rouler cette piste comme un cochon et prendre un maximum de plaisir.

Rock & Wood est une autre piste très fun avec un beau travail. Les passerelles et drops succèdent aux passages naturels enrochés dans une belle variété qui en font la piste favorite de pas mal de rideurs avec quelques features star de la station dont un gap-drop dans le pentu qui envoie juste après par-dessus une clotûre. La seconde partie de cette piste rouge accèlère le rythme avec des virages relevés qui font franchir un ruisseau ou propulsent à Mach 3 sur un drop tout en longueur.

 

Bikepark Alpe d'Huez - Rock & Wood
Nico sur une des nombreuses passerelles de Rock & Wood.

 

Petit Bonus un peu plus à l’écart, la D3 ou Poutran qui descend sous la remontée éponyme est accessible en prenant Hot Road puis une liaison vers la gare intermédiaire de ladite remontée. Seule piste de DH côtée noire, c’est probablement une de mes préférée, avec encore une fois un shape qui fait la part belle aux dalles avec plusieurs wall-ride naturels qui font apprécier cette piste davantage encore plus l’on prend de vitesse.

“La K’lif, comme son nom le laisse présager, sert de run de qualification pour la Megavalanche.”

Quelques passages au grip limité jettent dans un virage relevé et on trouve quelques beaux modules dont un superbe rocher à descendre sous l’emprise de la gravité avant de perdre toute la vitesse accumulée une fois de retour sur la terre ferme. Ce passage qui croise l’échapatoire me semble cela dit assez dangereux puisqu’il est impossible de ralentir une fois engagé et que l’échapatoire arrive sans visibilité pour celui qui l’emprunte. La pente et la difficulté restent assez contenus pour une piste noire, mais c’est néanmoins un tracé extrêmement sympathique qu’il n’est pas déplaisant de boucler avec sa remontée.

Puisqu’on parle piste noire, parlons enduro. L’EN6 qui descend sous l’Alpette, mis à part une superbe passerelle au-dessus d’un ébouli en fin de run, n’a rien de phantasmagorique et enchaine les épingles. Autant donc parler de l’EN10, la K’lif, qui comme son nom le laisse présager sert de run de qualification pour la Megavalanche.

Accessible depuis le DMC2, c’est avant tout une piste pour ceux qui aiment les dalles. La partie haute offre quelques passages techniques enrochés et se termine par une passerelle qui lance à pleine balle dans le cassant.

 

Bikepark Alpe d'Huez - K'lif
La K’lif et sa passerelle qui jette full speed dans le rocailleux terrain alpin.

 

On passe ensuite sur une partie plus fluide, plus rapide, où le single offre moults obstacles naturels et s’ouvre de temps à autre sur de multiples choix de lignes qui permettent de sans-cesse revisiter ses trajectoires. Cette deuxième moitié de piste est de plus en plus intéressante au fil des passages, quand les trajectoires surprise cèdent la place à une utilisation efficace du terrain. Après un ultime franchissement de ruisseau, le retour vers le DMC1 est quant à lui bien plus fade, mais c’est à nouveau une piste qu’il est possible de faire en boucle de manière efficace.

Et le tracé de la Megavalanche dans tout ça ?

“La plongée en forêt est appréciable et révèle un pan caché de ce domaine.”

Je dois bien admettre qu’en trois journées nous avons été tentés de monter au Pic Blanc pour descendre le mythique tracé de la Méga, mais l’idée est finalement passée à la trappe tant le domaine est vaste et les pistes nombreuses. Nous avons en revanche emprunté le tronçon qui descend sur Oz et débute par une longue diagonale full speed avant d’entrer en forêt. Si la majorité des pistes restent relativement épargnées par les braking bumps, ce n’est pas le cas de ce tracé de la Mega qui détonne par rapport au reste du domaine.

La cotation noire qui s’applique à la longue piste dans son intégralité est peu appropriée pour ce tronçon, même si un ou deux passages se sont avérés lors de nos péripéties assez délicats à franchir après les dernières pluies. La plongée en forêt est appréciable et révèle un pan caché de ce domaine qui fait la part belle à la poussière et aux terrains alpins rocailleux d’altitude. Pas très loin de l’EN3 qui s’enfonce également en forêt, tout comme l’EN5 et l’EN6, cette partie de l’EN1 nous donne quelques racines à se mettre sous la dents, ce qui n’est pas pour déplaire.

 

Verdict


Le bikepark de l’Alpe d’Huez n’offre pas de selling point spécifique comme le font d’autres : Tignes avec ses pistes toboggan aux virages relevés proches de la verticale, les 2 Alpes avec ses tables qui se succèdent à n’en plus finir, ou les 7 Laux avec ses dédales de racines droit dans le pentu.

L’atout de l’Alpe, c’est plutôt de ne pas se spécialiser, et d’offrir justement une belle diversité dans ce que le bikepark propose. Entre le nombre de tracés qui s’étendent sur une vaste superficie, les différents types de terrains rencontrés de 3300 à 700m d’altitude et le shape qui va du simple single entretenu par le passage des vélos aux virages relevés agrémentés de passerelles, il y en a presque pour tous les goûts et il s’avère bien difficile de ne pas apprécier au moins une partie de ce que la station propose.

 

Bikepark Alpe d'Huez

 

A moins de vouloir passer plus de temps les roues en l’air que sur terre, c’est certainement en Oisans une meilleure option que sa voisine des 2 Alpes, plus chère, moins bien entretenue, moins diversifiée dans ce qu’elle propose.

Seul hic au tableau, le système de remontées qui ne met pas totalement en confiance malgré un bel effort de la station pour relier les différents tracés du domaine en ajoutant des navettes aux infrastructures existantes. C’est je pense un vrai faux problème dans l’absolu car il ne demande qu’un peu d’expérience pour y remédier. Quoi qu’il en soit, le coeur du bikepark permet déjà de se faire plaisir sur un week-end sans aller vagabonder sur les tracés qui serpentent plus bas vers la vallée. Pour le reste il faut peut-être plus penser balade que productivité : la remontée d’Allemont à Oz en navette ne peut se faire que toutes les 90 minutes et demande donc de ne pas se rater sur l’horaire.

 

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