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XC, AM, enduro, DH : quelles protections pour ma pratique du VTT ?

Si tout le monde s’accorde à dire qu’un casque est indispensable, il est plus difficile pour certains pratiquants de se faire une opinion sur le niveau de protection nécessaire aux conditions dans lesquelles ils évoluent, surtout si celles-ci sont inhabituelles. Dans tous les cas, plus on augmente celui-ci, plus le confort tend à diminuer, ce qui rebute certains et les pousse à malheureusement négliger ce type d’équipement.

C’est bien dommage, mais on ne se rend souvent compte qu’après une chute incapacitante qu’il aurait été préférable de mieux s’équiper dans ce domaine. Certes, il est possible de se blesser en étant très bien équipé en XC, et être très chanceux en passant une semaine en station avec des protection minimales sans jamais chuter. Mais le but de cet article est surtout de vous donner une idée des dangers et blessures les plus fréquents dans chaque discipline et des types de protections disponibles pour les adapter à votre pratique.

 

Ballade en forêt et cross-country

Pour ce type de sortie VTT, on cherche plutôt à voyager léger : les protections sont rarement de rigueur mis à par un simple casque. L’engagement étant rarement présent en descente et ces dernières relativement peu techniques, le risque de chute grave est faible. Ce n’est toutefois pas une excuse pour ne pas porter une paire de gants longs. Certes, certains rideurs de haut niveau préfèrent le contact direct avec les grips. Mais face à la chute, tout le monde est sur un pied d’égalité, et une simple épaisseur de tissu peut vous éviter les troubles d’une paire de mains écorchées voir leur ouverture sur des rochers.

 

Trail et All-mountain

On attaque un type de pratique où le choix est très vaste et les combinaisons pléthoriques. Le casque classique est bien entendu un prérequis. Les casques plus tournés vers une pratique dynamique se démarquent de ceux de XC par une meilleure protection à l’arrière du crâne (et des prix qui s’envolent).

MET Parachute

Le MET Parachute offre une protection similaire à celle d’un casque intégral, avec une conception légère et bien ventilée.

L’indispensable, après le casque, c’est une paire de genouillères. Le genou est une articulation fragile qui récupère difficilement : la blessure survient donc facilement et peut être incapacitante pour un bon moment. Lors d’une chute, les genoux se retrouvent très vite en contact avec le sol, il ne faut donc pas hésiter à les protéger. Privilégier les genouillères qui protègent également les côtés du genou : elles permettent notamment d’éviter les contacts directs avec le cadre qui ne sont pas très plaisants.

Ensuite les coudières sont souvent de mise lors de descentes en montagne. Elles permettent d’éviter de s’ouvrir le bras sur un rocher, ce qui est plutôt utile. Certains modèles comme les TLD E-LITE sont légers et rentrent donc facilement dans le sac, tout en offrant un maintient excellent et une bonne protection contre les éraflures qui surviennent assez vite à la moindre chute en avant. Ces coudières n’offrent cependant pas le niveau de protection de modèles plus encombrants.

Enfin, la question du type de casque revient régulièrement depuis la commercialisation de modèles qui se rapprochent du casque intégral. Bell a choisi l’approche du casque transformable avec son Super 2R, tandis que MET a conçu un modèle léger et bien ventilé, le Parachute. Destinés premièrement à une pratique enduro, le niveau d’engagement sur certains singles et les conséquences d’une chute à vitesse élevée font que descendre avec un casque qui offre une protection sur tout le visage est loin d’être ridicule, comme j’ai pu le constater pendant ce week-end en Ubaye.

 

Enduro

Bell Super R2

Le Super 2r de Bell possède une mandibule clipsable qui transforme le casque bol en casque intégral pour les descentes.

Bien que de nombreux évènements ouverts aux amateurs de tous niveaux qui souhaitent se faire plaisir existent, je parle ici d’enduro au sens compétitif, avec les risques qu’une recherche du chrono comporte (l’un n’étant d’ailleurs pas incompatible avec l’autre, bien au contraire).

Donc pas le choix au niveau casque, l’intégral est de mise, ou le pseudo-intégral comme évoqué plus haut. En fait on retrouve les même considérations qu’en sortie montagne classique, mais avec un besoin de protection accru, car en descente tout doit passer sur le vélo, et vite.

Genouillères et coudières sont au programme, et une dorsale légère n’est pas de refus pour attaquer. En fait un équipement proche du DH est recommandé, car les rideurs évoluent sur des terrains naturels qui peuvent être encore plus piégeux qu’en bike park. Tant que ça rentre dans le sac pour la montée, n’hésitez donc pas à bien vous équiper.

 

DH

Je vois plein de rideurs qui enchainent les descentes en marcel, ça veut dire que je peux faire pareil ? Euh, oui, jusqu’à la chute ! Pour profiter au maximum de la saison ou de votre semaine en station en évitant les blessures, il ne faut pas hésiter à se protéger autant que possible. Certains compromis peuvent cependant être faits selon les préférences de chacun, la tolérance à la chaleur et les éventuelles restrictions de mouvements de certaines pièces d’équipement.

On va voir tout ce qui est disponible dans un instant, mais avant ça gardez en tête que même avec le meilleur équipement du monde, la blessure peut toujours arriver. Il est impossible de se prémunir contre certaines, et c’est notamment le cas des clavicules qui ont une fâcheuse tendance à sauter lors des OTB (« over the bars » ou « soleil« ) et sont une blessure courante dans cette pratique. Apprendre à chuter est une étape qui mérite qu’on y réfléchisse et peut éviter des conséquences graves à l’issue de certains crashs. Pour d’autres, il survient tellement vite qu’il est juste impossible à anticiper, et seules de bonnes protections peuvent faire la différence.

Avant de les voir en détail, je vais tout de suite traiter une question souvent soulevée : est-il possible d’aller en station avec son vélo de trail/AM/Enduro en casque léger ? C’est possible, oui. Est-ce que je le recommande : absolument pas. Un séjour en station est un excellent moyen de progresser très rapidemment, et la chute peut vite survenir. Un casque bol n’est donc absolument pas recommandable. S’il s’agit de rouler tranquillement pour assurer et éviter la chute, je trouve cela un peu dommage. Certains bike parks présentent des tracés naturels voir « enduros » qui peuvent s’apprécier à vitesse réduite, mais une piste typique de bike park bien shapée peut facilement vous emmener sur des tables à Mach 10 et s’apprécient beaucoup moins à faible vitesse (et avec un vélo inadapté, mais c’est un autre débat).

Support de cou Leatt

Le débat fait rage sur les avantages et inconvénients du support de cou.

Bref, passons aux protections. Premièrement, la tête. Niveau casque, c’est facile : intégral obligatoire. En dessous, la question du support de cou ou « neck brace » se pose réellement. Assez cher (le ticket d’entrée se situe autour de 250€), cet équipement fait débat. Conçu pour éviter les lésions graves en supportant le cou et la tête du rideur, des doutes subsistent sur le fait qu’il puisse en provoquer d’autres au niveau de la colonne vertébrale. Leatt, leader sur le marché avec un positionnement haut de gamme, utilise un stabilisateur arrière avec un point de rupture qui casse en cas de choc trop important, tandis que d’autres conceptions utilisent un stabilisateur en deux parties qui viennent se positionner de part et d’autre de la colonne vertébrale, contournant en théorie le problème.

Un autre grief envers lui est qu’il peut restreindre la liberté de mouvement de la tête, et que certaines combinaisons casque/support de cou ne sont pas compatibles. Son utilisation conjointe avec un gilet complet équippé d’épaulettes peut aussi poser problème. Bref, je vous recommande de vous informer en long et en large sur le sujet si vous souhaitez investir dans un support de cou. Pour ma part, je n’y suis toujours pas passé, mais je me pose la question depuis un petit moment.

Le gilet de protection est un autre composant dont l’utilisation n’est pas indispensable mais peut se révéler bienvenue, notamment si le terrain est menaçant. Malheureusement, de nombreux modèles souffrent de défauts de conception, comme une couverture partielle des côtes, et ils sont souvent assez chauds. Bien que je ne considère pas cette protection comme indispensable au même titre que le sont une paire de genouillères ou coudières, son utilité ne fait aucun doute dans certaines situations. Si vous êtes à la recherche d’un gilet, je vous recommande l’excellent Fox Titan Sport.

Dans tous les cas, si l’on n’utilise pas de gilet qui en intègre une, la dorsale est quant à elle bien indispensable. C’est une protection qui ne se classe pas dans la catégorie de celles qui vous épargnent les petits bobos, mais vous permettent d’éviter de finir en chaise roulante en cas de grosse chute qui tourne mal. Vu la violence des chutes en VTT de descente, elle est tout simplement incontournable.

Il en existe plusieurs types : souvent en plastique dur en forme d’écailles qui s’emboitent les unes dans les autres pour permettre d’épouser la courbure du dos, on en trouve aussi en plastique un peu moins dur et qui possèdent un flex naturel. La mienne m’a coûté une quarantaine d’euros sur amazon et n’est pas destinée directement au VTT. Je ne dirais pas que c’est la plus confortable ou la plus aérée, loin de là, mais le plastique épais est rembourré d’une mousse avec deux inserts verticaux de part et d’autre de la colonne qui en font une protection efficace pour un prix réduit. Enfin, chassez de votre esprit l’idée qu’un simple sac à dos avec une poche à eau va vous protéger efficacement.

Dorsale Alpinestar

Si vous n’utilisez pas de gilet, une dorsale reste indispensable : de nombreux modèles existent pour trouver celui qui vous convient le mieux.

Au niveau genouillères et coudières, même combat qu’en AM/Enduro, si ce n’est que vous pouvez vous permettre de prendre les versions renforcées : peu ou pas de pédalage et un flux d’air régulier devraient permettre d’éviter la surchauffe. Des gants plus épais et offrant un peu plus de protection ne sont pas de refus non plus.

Pour finir, les protège-tibias peuvent vous éviter des retours de pédale désagréables ou une fracture. Il est vrai que ce dernier cas est assez rare, mais tout choc sur le tibia se fait vite sentir. Super bonus : on évite de se retrouver avec un tatouage en forme de disque de frein sur le mollet. Le sous-short de protection est aussi intéressant s’il protège bien le bassin et les hanches.

Vous l’aurez compris, en DH je préconise de bien s’équiper, car c’est en se sentant en sécurité qu’on peut progresser plus rapidemment et minimiser l’impact d’une chute. Quelques protections simples peuvent ainsi vous éviter bien des problèmes.

 

Le mot de la fin

Bien choisir ses protections, c’est toujours un compromis entre liberté de mouvement, confort et… protection. Heureusement, elles ont pas mal évolué et on trouve maintenant des produits qui permettent de se protéger relativement bien sans se transformer en Robocop. Ce choix dépend également de la tolérance de chacun : je suis par exemple un rare cas d’individu qui monte genouillères en place en plein été, alors que l’immense majorité des vététistes préfèreront les garder dans leur sac jusqu’au sommet.

Quoi qu’il en soit, mieux vaut être trop protégé que pas assez et transpirer un peu plus plutôt que passer le reste de la saison entre quatre murs à cause d’une blessure.

 

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