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VTT : tout savoir sur les potences

C’est quoi une potence ?

La potence est l’élément qui permet de fixer le cintre (le « guidon » 😉 ) au pivot de la fourche (la partie qui vient s’insérer dans le cadre au niveau de la douille de direction).

Comme on va le voir, on en trouve de toutes les tailles et toutes les formes. D’abord un élément de confort permettant d’ajuster la taille du cockpit, elle devient de plus en plus un facteur de performance du pilote en changeant radicalement le ressenti du vélo.

 

Les différents standards

Pour ne pas se tromper et se retrouver avec un bout d’alu usiné inutile, il faut penser à vérifier deux choses :

  • Le diamètre du pivot de sa fourche : hors cas très rare, c’est généralement du 1″ 1/8.
  • Le diamètre du cintre : la majorité des cintres de VTT sont en 31.8mm, mais le 35mm est un nouveau standard qui gagne du terrain.

Enfin, il existe des potences « direct-mount« , qui se fixent directement sur le té supérieur d’une fourche double-té.

 

potence vtt

Potence classique à gauche, direct-mount à droite.

 

Taille : une tendance à la baisse

La taille est la mesure qui va le plus influer sur la performance. A l’heure actuelle, les potences sont de plus en plus courtes alors que les cadres s’allongent : des fabricants comme Mondraker et des riders comme Fabien Barrel sont à l’origine de cette tendance qui produit des VTT de plus en plus performants en descente.

Les bénéfices d’une potence courte sont flagrants en descente et les inconvénients assez relatifs.

Tout d’abord, on réduit la tendance à l’OTB (« over the bar », autrement dit, le soleil, la projection du pilote en avant de sa monture, ce qui vous est sans doute déjà arrivé). Cette position plus reculée du pilote augmente sa confiance, ce qui est toujours un bon point. Cela peut sembler contre-intuitif, mais ça permet justement de mettre plus facilement son poids sur la roue avant, entrainant un meilleur contrôle, plus de grip, et donc par conséquent un meilleur freinage.

Ensuite le ressenti peut radicalement changer en passant d’une potence de 90mm à une autre de 60mm, ou d’une 60mm à une 40mm. Une potence plus courte rapproche le cintre du pivot, et donc de l’axe autour duquel il pivote. Il en resulte un feeling plus « connecté », plus en phase avec l’avant du vélo, qui augmente considérablement la confiance et les performances du pilote.

Au niveau des inconvénients, on note une direction plus lourde et une difficulté un peu plus grande pour conserver l’avant du vélo cloué au sol en montée sur les gradients importants. Aucun de ces deux points n’est réellement pénalisant, à moins de se focaliser exclusivement sur des parcours de type cross-country.

 

Matériau, poids et angle

L’arrivée du carbone en masse sur le marché des composants de VTT n’a pas épargné les potences, et le fabriquant premium ENVE a lancé l’an dernier une potence fabriquée dans ce matériau, et vendue pour la coquette somme de 300€. On passera sur le fait que le rapport prix/gain de poids est questionnable. D’autres sont plus abordables, mais demeurent assez onéreuses.

Pour le commun des mortels, l’aluminium reste de mise, dans ses différentes déclinaisons. Le poids d’une potence varie selon sa taille et la pratique pour laquelle elle a été conçue : une potence orientée enduro est plus solide mais également plus lourde qu’une potence destinée au cross-country.

Enfin, une potence peut avoir un angle le plus généralement compris entre 0 et 10°. Celui-ci permet d’élever ou abaisser (si on la retourne) la hauteur du cintre. Pour être exact, même une potence à 0° va élever légèrement le cintre par rapport à l’horizontale, l’angle de chasse (l’angle formé par la fourche par rapport à l’horizontale) se situant généralement autour de 65°.

 

potence vtt carbone enve

Cette potence ne semble rien avoir de spécial ? Un tout petit détail en fait, plus de 300€ pour 110g de carbone.

 

 

Comment choisir la mienne ?

Le choix d’une potence est personnel. Vous devez principalement vous soucier de sa taille : elle doit vous permettre d’être en confiance sur le vélo, tout en conservant un cockpit confortable. Il peut par exemple être compliqué de passer de 90 à 40mm sur des VTT qui ont plus de 3 ou 4 ans, période à laquelle les cadres ne s’étaient pas encore allongés pour accomoder des potences plus courtes.

La bonne nouvelle, en revanche, est que si vous augmentez la longueur de votre cintre (ce qui est sans doute le cas si vous recherchez une meilleure maniabilité et un ressenti plus positif en descente), vous pouvez vous permettre de diminuer la longueur de potence sans impacter négativement la taille du cockpit. En effet, un cintre plus grand vous rapproche de l’avant du vélo (vous avez les bras plus écartés), une potence plus courte est donc toute indiquée.

Attention cependant à ne pas tomber dans l’excès, comme le rapporte Florian dans les commentaires de cet article. Vous pouvez lire ma réponse complète en dessous, mais pour faire simple, si vous diminuez trop la longueur de votre potence, vous pouvez vous retrouver avec le cintre trop près du bassin et un tendance certaine au catapultage au-dessus du vélo à chaque rencontre avec un obstacle.

Pour le poids, c’est à vous de voir en fonction de l’importance qu’il représente et de votre porte-monnaie.

De mon côté je suis actuellement sur une 60mm en all-mountain et 40mm en DH. Le passage de 90mm à 60mm sur le Zesty a été ultra-bénéfique, et il n’y a aucune chance pour que je retourne en arrière. Il est même possible que je repasse à 40mm (potence que j’utilisais pour « DHiser » le Zesty avant d’avoir un DH dédié) si j’opte pour un cintre plus large.

Et vous quelle longueur avez-vous adopté ? Pour quel type de pratique ? Dites-moi tout ça dans les commentaires 😉 .

 

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Posted in Matériel, VTT.

3 Comments

  1. Salut.

    Tout d’abord merci pour ton article clair et instructif.

    J’ai un Giant Trance 1.5 de 2017.

    A l’origine la potence est en 70mm, souffrant du dos (lombaires) passé les ~20 minutes lors des montées de façon systématique, j’ai décidé de raccourci la potence pour avoir une position plus relevée. J’ai donc acheté cette potence : TRUVATIV HUSSEFELT 0° Noir – 40 mm.
    Après 2 sorties, ça à l’air de fonctionner dans une moindre mesure pour mon dos mais le problème, je me sens à présent très mal en descente.
    A contrario de ce que tu peux nous dire dans ton article, j’ai la sensation de pouvoir passer devant beaucoup plus facilement et cela m’est très désagréable, d’ailleurs j’ai pu faire 2/3 soleils ( sans blessure ) alors que cela ne m’arrive que rarement.

    Mon choix n’est-il pas le bon ? Ai-je pris trop court, 60mm pourrait suffire ? Je suis surpris car j’obtiens un ressenti opposé à ce que tu nous indique.
    Je pense remettre la potence d’origine pour la prochaine sortie

    • Salut Florian et merci pour ton commentaire.

      C’est un effet pervers que je n’ai pas développé par peur d’amener plus de confusion qu’autre chose mais je vois tout à fait ce dont tu veux parler, j’ai exactement le même problème quand je passe en 40mm sur mon Zesty (90 d’origine, 60mm actuellement). Je vais t’expliquer ici rapidement de quoi il retourne et je mettrai à jour l’article un peu plus tard pour éclaircir le sujet.

      Le souci survient quand tu es sur un cadre assez court par rapport à ta taille (et en l’occurence le Trance taille plutôt court avec un reach à 448mm en L par exemple). Le problème se situe non pas au niveau de la géo du vélo, mais de celle du pilote, qui se retrouve dans une position défavorable par manque de place, trop relevé et avec les mains trop proches du bassin.

      Avec une potence longue, c’est le vélo qui a tendence à partir en soleil, parce que le transfert de masse le fait pivoter autour de l’axe de la roue avant. La roue arrière se lève, impossible de rattraper l’affaire. Raccourcir la potence est bénéfique parce que le cintre se retrouve plus en arrière de cet axe.

      Dans ton cas, c’est le rideur seul qui a tendence à être propulsé vers l’avant, parce que son corps est très avancé par rapport au cintre. L’angle formé par les bras rendent difficile le contrôle avant/arrière, et sur les gros obstacles à bonne vitesse on a plus facilement tendance à être éjecté et continuer tout droit sans lui. Si tu es en pédales auto l’arrière vient également, mais en pédales plates on ressent bien l’effet du vélo qui reste bloqué et le bonhomme qui part tout seul en avant parce qu’il est musculairement impossible de rester derrière.

      C’est pourquoi il faut pas mal expérimenter avec les longueurs de potence et, comme je le mentionnais dans l’article, jouer aussi avec la largeur de cintre si on veut conserver une taille de cockpit similaire. Quand tu compares les géométries au cours des dernières années, les marques et modèles qui sont restés conservateurs avec un reach assez court sont quand même passés sur des potences plus courtes, autour de 60mm contre ~90mm avant, mais les cintres ont eux aussi évolué, de ~720mm à 760-780.

      De nos jours les cadres sont souvent plus longs et accomodent des potences plus courtes, mais lors de cette période de transition il était courant de prendre un cadre une taille au-dessus pour raccourcir la potence de 30-40mm. Après chacun a des mensurations spécifiques, pour quelqu’un qui a de grandes jambes et le dos court il est plus facile de passer sur une potence plus courte pour une taille de cadre donnée.

      Pour ton problème de dos, pas mal de causes possibles, mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, être un peu plus allongé n’est pas forcément un mal, ou tout du moins le mal principal. Perso j’ai considérablement amélioré les choses en reculant ma selle.

      J’espère que j’ai pu éclairer un peu ta lanterne. Désolé que tu n’aies pas encore trouvé le setup idéal sur ton vélo, mais merci beaucoup pour ton feedback qui va permettre d’améliorer l’article !

      • Avec plaisir !

        Merci pour la réponse rapide et tu as bien cerné mon problème, c’est tout à fait ce que tu décris dans ta réponse.

        Les mains trop proches du bassin, c’est bien ce que je ressent. Je suis en pédales plates et en effet j’ai pu faire un soleil  » tout seul  » le vélo, lui, est resté bloqué…. C’est très surprenant.

        Je vais essayer une potence en 60mm et vérifier le recul de ma selle pour améliorer ma position sur le vélo.

        Oui, tu m’as clairement aider à comprendre ce phénomène auquel j’ai été confronté !

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