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Vaut-il mieux louer ou acheter son matériel de ski et de snowboard ?

 

C’est toujours compliqué de trouver le sujet de son premier article. Non pas que j’aie du mal à trouver un sujet, la liste de ce dont j’ai envie de parler est déjà immense. Mais quand on considère le lancement d’un blog, qui, par définition, n’aura dans les premiers temps qu’un nombre d’articles réduit, quels sont les sujets les plus prioritaires ? Au final, j’ai presque tiré au sort et j’ai décidé de partir sur des basiques qui ne le sont peut-être pas tant que ça.

Pour ce premier article, attaquons-nous à un pillier des vacances aux sports d’hiver : la location du matériel.

 

Quel est votre volume de pratique ?

La pratique du ski ou du snowboard étant saisonnière (le ski d’été sur glacier reste marginal, et le réchauffement climatique ne va malheureusement pas l’aider), et plutôt onéreuse, on distingue trois cas.

  • Les locaux qui peuvent aller rider quand bon leur semble, ont des frais réduits parce qu’ils sont à proximité des stations, et font éventuellement l’achat d’un pass saison pour en profiter un maximum. Si comme moi vous faites partie de cette caste de privilégiés vilipendés dès les premiers flocons par leurs amis qui rongent leur frein loin de la neige, l’achat de matériel semble assez évident : il est vite rentabilisé par le nombre de jounées passées sur les pistes.
  • Les passionnés qui vivent loin de la montagne. Que ce soit par obligation professionnelle ou familiale, cet éloignement est une véritable frustration, mais ils ne manquent pas une occasion pour passer un week-end à la montagne. Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, avoir votre propre matos vous parait certainement indispensable, et vous permet d’avoir le matériel le plus adapté à votre pratique. Il y a de bonnes chances pour que vous sachiez exactement ce que vous voulez.
  • Enfin, la grande majorité des pratiquants, qui vont passer une ou deux semaines à la montagne pendant l’hiver. A prioris, si vous êtes dans cette catégorie, la location est de mise. Mais nous allons voir que ce n’est pas forcément le cas.

 

Une question de confort… mais pas seulement

Quand j’ai commencé le snowboard il y a plusieurs années, alors que j’habitais loin de la montagne et que je ne pouvais donc passer qu’une à deux semaines en station chaque année, j’ai décidé d’acheter mon matériel dès la seconde saison. A l’origine, j’ai pris cette décision non pas par choix économique, en espérant le rentabiliser sur le long terme, mais tout simplement parce que je voulais des chaussures dans lesquelles je me sente bien.

La chaussure de ski ou la boot de snow est, quand on y réfléchit, l’élément qui transmet nos moindres mouvements au ski ou à la planche, à travers les fixations. On peut donc voir cet élément comme faisant partie intégrale du ski ou du snow, notre pied glissant simplement dedans pour se solidariser de l’ensemble. Est-ce qu’il viendrait à l’idée de quiconque de rider avec des fix mal vissées ? Non bien sûr. Et pourtant, quiconque a loué des chaussures de ski ou des boots de snow se souvient de moments de souffrance parce qu’elles serraient trop, ou d’hésitation en sentant son pied bouger à l’intérieur. Le problème est amplifié quand, comme moi, vous avez un pied un peu bizarrement fait, qui ne rentre jamais dans aucune chaussure.

Personellement, j’ai un pied assez large à l’avant combiné à un talon ridiculement étroit. Quand je faisais du ski, j’avais le problème suivant : soit la chaussure était assez longue, de largeur convenable à l’avant, mais mon talon se baladait, soit la chaussure était trop petite, trop étroite, et mon talon était à peu près calé, mais j’avais mal au bout de dix minutes. Bis répétita avec mes premières boots de snow en location : mon talon se la jouait solo, ce qui n’arrangeait rien aux prises de carre.

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Nitro Anthem 2012

J’ai donc dès la deuxième saison décidé d’aller en magasin pour choisir LA boot qui me correspondrait le mieux. Sur les conseils du vendeur, après avoir essayé cinq ou six paires, je suis finalement repartit avec des Nitro Anthem : à mon avis assez moches, mais terriblement confortables, avec une rigidité moyenne qui en font des boots polyvalentes, et surtout une pince au niveau du talon très prononcée. Ca a d’ailleurs été le selling point, le vendeur désespéré devant mon pied bizarre lâchant finalement : « Si ton talon n’est pas assez calé dans cette paire, je ne peux plus rien pour toi ».

C’est donc le premier conseil que je donnerais lors du choix d’une boot de snowboard : allez en magasin, essayez plusieurs paires, et repartez avec celle dans laquelle vous vous sentez le mieux. Vous pouvez acheter une paire à 300€ qui se lace toute seule, est techniquement irréprochable, et possède un look d’enfer : si elle n’est pas adaptée à votre pied, tout cela est totalement inutile. Comme pour les patins à glace, une boot de snow ou une chaussure de ski possède des volumes intérieurs différents à différents endroits selons les marques et les modèles, et la paire qui vous correspondra le mieux n’est peut-être pas celle que vous aurez pré-selectionné selon d’autres critères. Evidemment, si vous avez un pied « commun », vous aurez un choix et des possibilités plus large que si, comme moi, votre pied sort des sentiers battus. Il va sans dire que sur les pistes, ce fut le jour et la nuit entre ma dernière session dans des boots de location et la première dans mes Nitros.

Ensuite, encore plus qu’une chaussure traditionelle, la boot de snow ou de ski va se faire à votre pied dans le temps, ce qui explique que l’on ne se sente jamais vraiment à l’aise dans du matériel de location : des dizaines de pieds sont déjà passés dedans et elles ne ressemblent plus à rien. Un autre problème, qui épargne les chaussures de ski mais frappe les boots de snow, est que selon l’état du matériel loué, les systèmes de serrage oscillent souvent de l’état « très passable » à « totalement défoncé ». Les systèmes par lacets de nos boots restent fragiles, ils peuvent nécessiter d’être remplacés, ce qui explique qu’on se retrouve dans certains cas avec des chaussures impossibles à serrer correctement, ce qui amplifie le problème. C’est aussi une raison pour laquelle je voulais mes propres boots.

Et puis reste le problème de l’hygiène. Garder aux pieds tous les jours pendant une semaine des chaussures dans lesquelles autant de pieds sont passés n’est vraiment pas le meilleur moyen d’éviter les maladies de pieds et autre désagréments. Sans parler du fait que récupérer des boots encore humides en début d’après-midi ne donne pas le meilleur des feelings…

Bref, si vous avez un budget réduit et ne voulez pas engranger beaucoup de dépenses mais que vous voulez quand même profiter de vos journées sur les pistes, acheter ses propres boots est le premier poste dans lequel investir.

 

Rider avec du matériel adapté et en bon état

ski-982027_640Si vous appartenez à cette catégorie de personnes qui veulent profiter de la montagne avec une pratique cool et polyvalente sans forcément posséder le matériel le plus performant, vous vous dites sans doute que la location reste la bonne solution : pas besoin d’investir du temps pour rechercher le matos le plus approprié, pas d’entretien, je récupère les skis au début de mon séjour et je les rends à la fin sans m’embêter.

C’est vrai, c’est la solution de facilité. Cependant, tout comme avoir une chaussure à son pied est important, avoir des réglages adaptés l’est tout autant, surtout si l’on souhaite progresser rapidemment. Vous pouvez bien sûr louer du matériel et le régler vous-même par la suite, mais rien ne vaut l’achat d’une board et de fix qui correspondent à votre programme.

L’autre jour, en regardant des photos de mes premiers jours de snow avec du matériel de location, j’ai laissé échapper un cri d’effroi devant le « toe hang » (quand la planche est trop étroite et que les boots dépassent trop, ce qui les fait s’enfoncer dans la neige à la prise de carre, on parle alors de « toe drag ») hallucinant avec lequel je ridais. La board était certainement trop courte pour moi, et surtout beaucoup, mais beaucoup trop étroite. Je doute même qu’une version « wide » du modèle en question eut été assez large. C’est aussi cette même semaine où j’ai fini une après-midi par redescendre à pied quasiment du sommet du Lioran (peu après l’arrivée du téléphérique du Plomb du Cantal) à la station, parce que ma board était tellement délaminée qu’il devenait impossible de prendre un virage. Ca a tué mon après-midi, celle de mon pote qui est redescendu avec moi, et ça a clairement joué dans l’achat de mon propre matos !

Quoi qu’il en soit, posséder son propre matériel reste la solution la plus confortable, d’autant plus si on sait l’entretenir. Bien sûr, il ne faut pas oublier que posséder son matériel, c’est aussi le transporter, ce qui peut représenter un problème pour les familles nombreuses déjà bien encombrées aux départs de vacances. Si vous ne pratiquez qu’une semaine dans l’année, la rentabilisation de votre investissement peut prendre du temps… Mais cette rentabilisation est-elle vraiment si longue ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

 

Rentabilisation vs évolution technologique

business-163501_640Combien ça coûte de louer un snow ? Les tarifs peuvent pas mal varier selon les stations et les packs, mais la location pour une semaine d’un snow seul (planche + fixations) est en général positionné entre 80 et 120€, auxquels il faut rajouter une cinquantaine d’euros pour des boots.

Combien ça coûte d’acheter un snow ? Là encore, ça varie selon la gamme de performance. Quoi qu’il en soit, vous ne trouverez jamais de boards qui valent 500€ en location. Comptez entre 150 et 300€ pour une board performante, un peu plus de 100€ pour des fix, et 100 à 200€ pour une paire de boots. A titre d’exemple, j’ai commencé avec une Ride Control que j’ai payé environ 200€ et mes Nitros Anthem à 150€.

Si vous achetez en période de soldes, ou avant les fêtes, vous pouvez aussi faire de supers affaires ! L’an dernier j’ai acheté ma Ride Highlife UL pour 500€ alors qu’elle était affichée à près de 600€, et au moment où j’écris ces lignes la version de cette année est disponible juste au dessus de 400€ ! Le prix dépendra aussi de votre programme, et je reviendrai en détails sur ceux-ci avec un autre article sur le choix de sa board .

Avoir ses propres boots étant pour moi un passage obligé, j’avais décidé à l’époque de ne pas le prendre en compte dans le ROI (retour sur investissement) de l’achat de mon matériel. Même en l’y intégrant, le calcul est similaire. Prenons donc une board achetée 250€ pour se situer au milieu de la fourchette, plus vers le milieu de gamme, et des fix à 100€, soit 350€. Admettons que vous ne montiez en station qu’une semaine par an. Si vous louez une board à 100€ la semaine, au bout de trois semaines de ski, donc trois ans, vous aurez dépensé 300€, soit quasiment le prix de la board et ses fix. Admettons que vous faites farter votre planche chaque année, vous aurez dépensé autour de 380€ avec votre propre matériel. A partir de la quatrième année, vous avez remboursé votre achat. Sans parler du fait que vous possédez maintenant une board que vous pouvez revendre au moins 50% de sa valeur initiale. Cela implique aussi que si c’est que vous désirez, vous pouvez faire évoluer votre matériel régulièrement à moindre coût. Bien sûr, il est également possible d’acheter d’occasion (mais pas ses boots, vous l’aurez compris !), ce qui rentabilise l’investissement encore plus rapidemment.

Oui mais mon matériel ne risque t-il pas de devenir obsolète ? La réponse est non. Le marché évolue peu, les fabricants déclinant des nouvelles versions de leurs boards chaque année qui ne sont que des copies des années précédentes avec un nouvel habillage. Il y a bien de nouveaux shapes qui sortent de temps en temps, mais je pense qu’on en a fait le tour entre cambers, rockers, rockers plats, micro-cambers, banana rockers et j’en passe (je reviendrai sur ces termes lors de mon billet sur le choix d’une board) ! Ca ne veut pas dire qu’un fabricant ne va pas sortir une belle avancée d’une année sur l’autre, mais ce n’est pas tous les ans que sort une techno révolutionnaire telle qu’a pu l’être la magnetraction (qui ne reste d’ailleurs utile que sur la glace) !

Au niveau financier, si l’on pratique même peu mais régulièrement, l’achat est donc tout indiqué.

 

Dans quels cas acheter son matériel n’est pas intéressant ?

directory-973992_640Il reste néanmoins quelques cas dans lesquels l’achat de son propre matériel n’est pas le plus indiqué.

Le premier est évidemment si vous débutez complètement et vous ne savez ni ce que vers quoi vous allez vous diriger, ni si, tous comptes faits, vous allez continuer les années suivantes.

Ensuite, vous n’avez peut-être pas la possibilité de revenir skier tous les ans. Dans ce cas également, acheter votre matériel n’est sans doute pas la meilleur stratégie.

Enfin, il y a bien sûr le cas des enfants qui sont en pleine période de croissance, et pour qui le renouvellement est tellement rapide qu’un achat n’est pas justifié.

 

Conclusion

Comme vous l’avez sans doute perçu, je suis plutôt favorable à l’achat de son matériel à partir du moment où l’on ride avec un minimum de régularité. Même pour ceux d’entre vous qui pensent qu’avoir son propre matériel c’est aussi gérer les problèmes d’entretien et de réparation, le compromis financier reste largement en faveur de l’achat sur le long terme, sans parler de tous les avantages qu’un matériel en très bon état et adapté à vos besoin peut vous procurer.

Et vous, qu’en pensez vous ? Avez-vous des arguments en faveur de la location plutôt que l’achat ? Est-ce que cet article va vous faire changer d’avis et vous poussez à acheter votre matériel pour la première fois ? Dites-moi tout cela dans les commentaires ;).

 

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Posted in Matériel, Ski, Snowboard.

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