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Test pneus AM/Enduro – Schwalbe Magic Mary et Hans Dampf : du grip un peu, beaucoup, passionnément…

Si mon test précédent faisait l’éloge du Rock Razor, se réceptionner sur une arrête rocheuse est rarement une bonne idée pour assurer la longévité de ses pneus. L’entaille qui s’en suivit fut négligemment patchée avec une rustine classique, sa taille étant alors fort contenue. Malheureusement, au fil des sorties, elle a progressé, jusqu’à ce qu’elle devienne trop importante pour cette pauvre rustine trop peu rigide pour assurer l’intégrité de la carcasse.

Un peu dans l’urgence, j’ai décidé de prendre un Magic Mary, pneu ô combien plebiscité par ceux qui y ont goûté, pour remplacer le Hans Dampf à l’avant tandis que je passais celui-ci à l’arrière.

Sur le papier, ce combo a tout pour réussir et se positionner comme une option de premier choix pour qui recherche beaucoup de grip pour une pratique engagée. Le Magic Mary a t-il tenu ses promesses ? Quid du Hans Dampf testé à l’avant jusqu’alors ? Réponse dans les lignes qui suivent…

 

 

Magic Mary : Marie est magique


Le profil du Magic Mary n’est pas nouveau, puisqu’il s’agit en fait d’une version modifiée du fameux Muddy Mary, qui s’avérait très bon dans le domaine pour lequel il avait été conçu, mais pas seulement. On retrouve donc un dessin très aggressif avec des rangées de gros blocs carrés pour un pneu annoncé comme polyvalent.

Ah. Pneu polyvalent. J’y ai pensé, vous y avez pensé. La polyvalence pour un pneu, c’est le genre d’assertion qui nous fait généralement passer notre chemin : un pneu qui marche aussi bien sur le hardpack que dans la boue, ça n’existe tout simplement pas. Prestidigitation n’est pas magie. Et pourtant, Marie a plus d’un tour sous son chapeau…

 

Versions

Le Magic Mary est un pneu disponible dans de multiples déclinaisons. Au niveau carcasse, on le retrouve en SnakeSkin, SuperGravity, Bike Park et Downhill. La version Bike Park propose une gomme Dual assez dure sur une carcasse de DH et tringle rigide. Idem pour la version Downhill à l’exception de la gomme, en VertStar ou Addix Super Soft. La version Bike Park est donc la version « économie » de ce pneu pour un usage DH, tandis que la version Downhill en est la version « performance ».

Les versions SnakeSkin et SuperGravity vont quant à elles de pair avec les mélanges TrailStar et VertStar. N’hésitez pas à lire mon article qui explique les différents mélanges de gommes pour vous y retrouver, ou télécharger mon guide sur le choix de pneus VTT qui vous aidera à y voir plus clair au niveau des carcasses et autres aspects techniques.

En ce qui concerne les tailles, il y a là encore de quoi faire son choix justemment, la version prédominante étant le 2.35″. On monte jusqu’à 2.50″ (2.60″ dans la nouvelle gamme) en version Downhill.

J’ai pour ma part opté pour la version SnakeSkin TrailStar 2.35. Je n’ai jusqu’à maintenant pas éprouvé le besoin de passer en SuperGravity pour mon AM : les versions SnakeSkin de mes pneus précédents tiennent le coup et le gain de poids par rapport à un pneu de plus d’un kilo est appréciable. Le mélange TrailStar se positionne comme un juste milieu entre performance et usure, encadré par le PaceStar plus dur et le VertStar plus tendre.

A noter que Schwalbe vient récemment de modifier sa nomenclature et ses mélanges par ceux nommés ADDIX. Les premiers pneus devraient être disponibles cet été et permettront d’y voir un peu plus clair, mais il semblerait que PaceStar, TrailStar et VertStar soient remplacés par ADDIX SpeedGrip, Soft et Ultra Soft respectivement.

(Mise à jour : vous pouvez maintenant découvrir la gamme ADDIX complète via l’article suivant : Schwalbe ADDIX).

Comme les autres pneus Schwalbe, le Magic Mary taille plutôt gros, notamment quand on le compare à un pneu Maxxis, un 2.35″ du premier étant sensiblement aussi large qu’un 2.50″ du second.

 

Rendement

Le Magic Mary est bel et bien un pneu de tracteur : ça se sent, et ça s’entend. Monté à l’avant, son impact sur le rendement en montée reste faible, mais pas totalement indolore. Difficile de quantifier exactement l’écart par rapport à un Hans Dampf en monte avant par exemple, étant donné que pendant ce test j’ai également remplacé mon pneu arrière.

Il serait en revanche suicidaire de le monter à l’arrière pour une utilisation Trail/AM. Si les crampons centraux sont très (très) légèrement coupés en forme de rampe, leur taille est tout simplement incompatible avec un rendement élevé, d’autant plus que le dessin du pneu est très ouvert pour aider au débourrage et à la pénétration des crampons.

 

Accroche

Prendre un pneu boue et nous faire croire qu’il marche fort sur le sec, cette bonne blague ! Et pourtant, il faut reconnaitre que le Magic Mary est bel et bien efficace même sur le hardpack. Cette efficacité s’appuie probablement plus sur la gomme TrailStar que j’ai testé que le dessin général du pneu, et le Hans Dampf essayé la dernière fois à l’avant est à mon avis au même niveau avec le même type de gomme sur le hardpack.

Mais là où la réelle magie s’opère, c’est quand les conditions évoluent. Si le Magic Mary fait jeu égal avec les meilleurs pneus destinés aux terrains secs, il se démarque fortement dès que notre terrain de jeu devient un peu moins dur, un peu plus humide, voir carrément boueux.

J’ai pu lors de mes premières sorties avec ce pneu en terrain connu vagabonder sur des pentes à 60% après un fort épisode pluvieux, sur un terrain qui restait donc assez glissant. Le Magic Mary reste imperturbable, se contentant de soulever des petites mottes de terre et les rejeter sur vos tibias. Si l’on entend souvent parler de la sensation de « débattement infini » dans les tests de suspensions, j’ai souvent eu l’impression d’avoir un grip infini avec ce pneu dans les portions de singles les plus délicates. Dans ces situations, le Hans Dampf est clairement battu.

Si le pneu met en confiance dans le pentu, il est également excellent en courbe et itère sur les points forts du Hans Dampf. J’avais écrit lors de mon test de ce dernier qu’il décrochait très progressivement, ce qui en faisait un pneu dont la limite était facile à trouver et mettait en confiance, mais qu’il manquait un peu de grip une fois le vélo penché. Le Magic Mary décroche lui aussi assez progressivement, mais permet au contraire du Hans Dampf d’attaquer vélo couché pour aller chercher davantage de grip sans déraper. Il est donc excellent aussi bien pour les rideurs moins experimentés qui ont encore du mal à prendre un virage de manière aggressive que ceux qui font racler les grips au sol à chaque courbe.

 

Protection et usure

Aucun problème à signaler pour le moment. Si la carcasse semble au toucher un peu plus épaisse qu’un Hans Dampf ou Rock Razor, la bonne pression pour moi à l’avant est toujours de 1.5 bars, comme avec le Hans Dampf. L’usure de la gomme TrailStar est modérée et tout à fait raisonnable au vu du grip qu’elle confère.

Puisqu’on parle carcasse, ce Magic Mary est probablement le pneu qui m’a posé le moins de problème au montage. La tringle monte facilement sur la jante, et avec coup de mon super gonfleur tubeless DIY le pneu avait claqué. Je ne peux cependant pas en dire autant de la version Bike Park montée sur le gros vélo : la tringle rigide s’est révélée un calvaire absolu à monter, à tel point que j’ai préféré une version Super Gravity plutôt que Downhill en nouvelle monte avant pour ne plus avoir affaire à ces satanées tringles rigides.

 

schwalbe magic mary

Rien à signaler côté usure pour le Magic Mary. On remarquera en revanche que Schwalbe a toujours autant de mal à aligner correctement ses demi-carcasses…

 

 

Hans Dampf en monte arrière : grip aussi bon qu’éphémère


Le Hans Dampf, « bon à tout faire », est censé bien fonctionner aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, et se débrouiller dans toutes les conditions. Après l’avoir testé à l’avant où il s’est révélé excellent sur le sec, il était temps de voir comment il se comportait à l’arrière. J’avais un à prioris plutôt positif : la grande progressivité du décrochage est une caractéristique appréciable à l’arrière, où l’on joue constamment avec la limite d’autant plus qu’elle est facile à rattraper.

 

Versions

Pour retrouver les informations concernant les différentes versions de ce modèle, je vous renvoie vers mon premier test du Hans Dampf, dans lequel je parlais de ce pneu en monte avant, accompagné d’un Rock Razor à l’arrière.

Celui que je teste ici est donc en version Snakeskin PaceStar 26 x 2.35″.

 

Rendement

Passer d’un Rock Razor au Hans Dampf en monte arrière est quelque peu choquant : l’impression de ne plus avancer est bien là. Je l’ai pourtant inversé (le Hans Dampf n’a pas de dessin directif) par rapport à l’ancienne monte avant pour profiter du bord d’attaque à peine entamé et réduire l’impact de chaque crampon au roulage tout en profitant d’une arrête neuve au freinage.

La résistance au roulement n’est pas aussi mauvaise qu’un pneu vraiment aggressif comme le Magic Mary ou un High Roller, mais reste bien plus élevée que d’autres pneus roulants classiques en monte arrière : Ardent, Nobby Nic et consors.

Je m’attendais en fait à mieux. Le Hans Dampf a un dessin rond et fermé : le sommet de chaque crampon forme une ligne homogène qui devrait aider au rendement puisque aucun crampon ne « dépasse » vraiment. Mais leur taille est sans doute ce qui freine autant ce pneu relativement difficile à tirer.

Enfin, n’oublions pas que le Hans Dampf taille très gros pour un 2.35″, même quand on considère les standards Schwalbe, et se révèle définitivement plus large qu’un Rock Razor du même calibre.

 

Accroche

Commençons par la traction conférée en montée. Mon avis est assez orienté sur ce point : malgré quelques épisodes pluvieux depuis les 300km et un peu moins de 10,000 mètres de D+ gentillement avalés en un mois, le terrain sèche vite ici et je suis rarement confronté à des situations dans lesquelles le grip devient précaire en montée. Si les gros crampons s’avèrent certainement supérieurs à un semi-slick sur terre meuble ou boueuse, mon impression générale est que le Rock Razor fournit suffisament de traction pour ne pas justifier un Hans Dampf au rendement bien inférieur.

Le seul type de terrain qui a posé problème au Hans Dampf durant mon essai est la pierre humide en sous-bois. Conditions dans lesquelles un Rock Razor fait au moins aussi bien à gomme comparable. Je ne serai d’ailleurs jamais à court d’éloges concernant ce dernier, qui m’a impressionné jusque dans la neige cet hiver.

Ma conclusion sur ce volet est donc simple mais assez personnelle. Si je reconnais qu’il peut être un avantage dans les montées au pourcentage à deux chiffres sur terrain très meuble ou boueux, voir les montées techniques entre racines et pierres fuyantes sur le sec où un crampon peut faire la différence, il n’est pour mon utilisation et mon terrain de jeu pas justifié.

Passons maintenant aux performances en descente. Une fois habitué au semi-slick, repasser sur un pneu qui a du grip en ligne droite est assez déconcertant : il faut une paire de descentes avant de se remettre dans le bain et se résoudre au fait qu’il devient beaucoup plus difficile de jouer avec un gommard arrière bien placé qu’avec une roue arrière baladeuse qui se place facilement en entrée de virage.

La prédictabilité du Hans Dampf fait en revanche des merveilles : le dérapage du pneu se contrôle facilement une fois sur l’angle. Plus que le Magic Mary, plus que le Rock Razor au tempérament plus affirmé à cause de sa bipolarité entre crampons centraux et latéraux. La limite à partir de laquelle le pneu commence à fuir est cependant peut-être un peu moins élevée qu’avec le Rock Razor qui bénéficie d’un profil un peu moins rond et une grosse rangée de crampons latéraux semblables à ceux du Magic Mary pour tenir la carre.

S’il s’avère satisfaisant en termes d’accroche et permet un freinage plus appuyé que son prédécesseur sur mon vélo, je dois avouer que je n’avais pas roulé avec un tel pneu en All-Mountain depuis très longtemps, et ce surcroit de grip modifie de manière notoire son comportement. Certains seront rassurés par son comportement prévisible et ce grip important, ceux qui descendent sur l’avant avec un pneu arrière « léger » qui se place facilement ont de fortes chances d’être déconcerté et de revenir en arrière.

 

Protection et usure

C’est au niveau usure que les choses se dégradent. Et quand je dis qu’elles se dégradent, c’est un euphémisme. Mon exemplaire est tout simplement en train de fondre comme neige au soleil depuis que je l’ai passé à l’arrière. Pourtant affublé de la gomme PaceStar qui est normalement la plus indiquée en monte arrière grâce à sa durabilité accrue par rapport aux autres déclinaisons, il se fait malmener à chaque coup de pédale.

Et c’est certainement ce point qui m’irrite le plus. En étudiant l’usure des crampons dans la rangée centrale on se rend compte que l’usure provient des forces exercées au roulement plutôt qu’au freinage.

Le pneu est donc à ménager, et est peut-être plus à l’aise sur terrain meuble à l’écart des sols aggressifs et des transitions bitumées. Au train où vont les choses, je risque de vous proposer un test de Hans Dampf semi-slick dans peu de temps…

Je n’ai en revanche pas (encore) de crampon arraché, ce qui semble pourtant être un fléau sur ce modèle à en croire certains retours, tout du moins sur les moutures précédentes.

 

schwalbe hans dampf

Pour ainsi dire neuf après 250km en monte avant, le Hans Dampf a déjà fondu comme neige au soleil après la même distance en monte arrière…

 

 

Conclusion : le combo le plus rassurant chez Schwalbe ?


Pour

  • Le Magic Mary est tout simplement un monstre d’accroche quelles que soient les conditions, tout en restant accessible aux pratiquants quel que soit leur niveau. Sa polyvalence est bien réelle et en fait un pneu qui peut rester monté à l’avant de votre monture 365 jours par an.
  • Le Hans Dampf est aussi rassurant à l’arrière qu’à l’avant et fournit un grip excellent et prévisible qui ravira beaucoup de rideurs.

 

Contre

  • Même monté à l’avant, on sent que le Magic Mary est là pour s’agripper au sol, pas vous aider à battre des records en montée !
  • Le rendement du Hans Dampf est décevant et l’avantage relatif en traction qu’il procure en montée ne justifie pas de sacrifier autant d’énergie par rapport à un Rock Razor suffisant dans 98% des situations sur terrain sec.

 

Verdict

Pour une pratique All-Mountain, le combo Magic Mary et Hans Dampf fournit un grip énorme et se révèle très accessible. Très rassurant, je ne peux que le recommander pour qui souhaite progresser en terrain difficile tout en se sentant en sécurité. En revanche, si le Magic Mary m’a totalement convaincu par sa polyvalence et ses performances quand les conditions se dégradent, le Hans Dampf n’est pas le pneu qui me correspond le plus en monte arrière.

Le Rock Razor reste pour moi une référence en terrain alpin, où son rendement exceptionnel permet de conserver son énergie en montée. Les longues descentes en singles à virages sont facilement négociées grâce à son excellent grip en virage, et le manque d’accroche en ligne droite est tout relatif quand la pente s’accroît et que le pneu avant prend la grosse majorité de la charge à son compte.

Outre le problème du rendement, le Hans Dampf offre en monte arrière une expérience différente de celle, un peu addictive, procurée par le semi-slick auquel je dois avouer m’être habitué, et qui s’inscrit à la suite de longues années passées en compagnie de pneus au grip limité. Cette facilité de placer un cutie, ce calage automatique sur la rangée latérale en entrée de virage après avoir fait légèrement dériver le vélo le temps qu’il se positionne sur l’angle : difficile de revenir en arrière après avoir goûté aux joies du Rock Razor !

Le Magic Mary est quant à lui une révélation et intègre mon nouveau combo de choix : Magic Mary en monte avant, Rock Razor en monte arrière.

 

Retrouver les modèles testés sur Alltricks :

 

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Posted in Matériel, Tests, VTT.

2 Comments

    • Salut Greg,

      Difficile pour moi de comparer directement, ça fait des années que j’ai pas roulé de DHF !

      Comme ça je dirais qu’au niveau grip ils se valent sur le sec, le Magic Mary est sans doute au-dessus quand le terrain devient plus meuble puis boueux. Le DHF doit être un peu plus roulant quand même.

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