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Opinion : la stabilisation sur les action cams est-elle souhaitable ?

Depuis un bon moment maintenant, la stabilisation de l’image s’est invitée sur certaines action cams (ou caméras embarquées), notamment du côté de Sony. Feature incontournable pour certains, gadget pour d’autres, qu’en est-il vraiment et qu’en penser ?

Plutôt hostile à l’idée depuis plusieurs années, l’engouement que j’ai récemment pu lire pour cette technologie au détour d’un article de blog m’a fait réfléchir à nouveau sur son intérêt, rechercher des exemples récents de ses performances, et visionner ce que ses partisans mettent en avant pour expliquer ce qui est parfois présenté comme un facteur décisif dans le choix de leur actuelle ou prochaine action cam.

C’est après tout l’un des avantages du blogging : se poser le temps d’un article pour redécouvrir en profondeur un sujet sur lequel on a statué depuis si longtemps qu’on serait dès lors incapable d’expliquer précisément ce qui nous pousse à penser noir ou blanc. Ou gris. Foncé. Bref, sans aller si loin, c’est l’occasion de restructurer un peu sa pensée, ré-examiner l’état du marché et/ou de la technologie, et s’interroger sur la validité de l’opinion formulée jusqu’alors.

 

Stabilisation optique vs électronique

Pour y voir plus clair, le premier point que j’aimerais développer est celui du type de stabilisation employé.

Problème récurrent aussi bien dans le domaine de la photo que de la vidéo, la stabilisation de l’image a été traitée dans ces différents domaines par trois techniques principales.

La première est la stabilisation de la caméra ou de l’appareil photo en eux-même, via leur découplage du support avec l’utilisation de gimbals et/ou de systèmes de type steadicam. Plutôt encombrants et onéreux, ces systèmes sont utilisés dans l’industrie cinématographique et autres productions importantes, bien que l’on trouve de plus en plus de modèles plus légers, moins encombrants, et plus abordables pour le grand publique.

Le second est la stabilisation du capteur ou de l’objectif. On parle encore ici de stabilisation physique, c’est à dire que c’est le capteur ou les différentes lentilles de l’objectif qui vont se déplacer avant que l’image ne soit capturée. Cette technique est notamment utilisée en photographie. Canon et Nikon, par exemple, commercialisent des objectifs stabilisés, tandis que Pentax ou Sony proposent dans leurs boitiers des capteurs stabilisés.

La troisième, enfin, est la stabilisation électronique, utilisée par les action cams qui sont pourvues d’un système de stabilisation, notamment chez Sony. Cette appellation est à mon sens trompeuse, car il ne s’agit pas vraiment de stabiliser quoi que ce soit, mais plutôt d’effectuer un traitement numérique sur les images capturées afin de supprimer, ou à minima réduire, les mouvements entre chaque image. Tout le traitement étant effectué par l’électronique au niveau numérique, cette technique est peu onéreuse et sans contrainte physique. Mais comme nous allons le voir, elle n’est pas exempte de défauts.

 

Stabilisation électronique : comment ça marche ?

Pour réduire au maximum les mouvements entre chaque image d’une vidéo, la stabilisation numérique va les comparer, déterminer dans quels axes le mouvement s’effectue, « recadrer » l’image pour l’aligner sur la précédente, puis l’étendre pour revenir au format initial. Vous l’aurez compris, on assiste à une première perte de qualité à la fin de ce processus.

Mais ça c’était la version simple, voir simpliste de la stabilisation électronique. Celle qui se produirait si votre caméra restait sur un plan en deux dimensions et ne se déplaçait que sur deux axes : verticalement et horizontalement. Hors, dans la réalité, ce n’est pas ce qui se passe. La caméra peut notamment pivoter ou effectuer des mouvements d’avant en arrière. Là, ça devient beaucoup plus difficile de stabiliser l’image, surtout avec des action cams qui sont dôtées d’un ultra grand angle.

Si vous faites de la photo, ce que je viens de dire a de quoi surprendre. Car plus la focale est courte (donc plus l’angle est grand), moins une déviation angulaire a d’impact sur l’image capturée. C’est notamment pour cela qu’on peut shooter à une vitesse plus faible avec une focale courte. Pour faire simple, imaginez que vous espionniez un magnifique cervidé en rut au fin fond du nord canadien en plein mois d’octobre (n’hésitez pas à me corriger sur la période des amours de l’orignal s’il s’avère que je m’abuse). Avec votre téléobjectif de 600mm (on ne plaisante pas quand il s’agit d’observer l’accouplement de la faune locale), il est assez compliqué d’avoir une image exploitable : ça bouge beaucoup. Alors qu’à 35mm, c’est très stable. L’impact de chaque petit mouvement est donc beaucoup plus faible avec la focale courte.

« Le résultat est rarement parfait, et on obtient souvent un phénomène de « warping » qui ruine totalement les séquences impactées. »

Là où ça se complique, c’est que la perspective perçue évolue beaucoup plus vite avec un ultra grand angle. Parce que quand on photographie ou qu’on filme, au final on transpose à plat une sphère. Et avec une longue focale, c’est un tout petit morceau de sphère qu’on transpose, qui tend beaucoup plus vers le plan plat qu’avec une focale courte. La déviation angulaire entraine donc un chagement de perspective plus important. Ce phénomène est encore renforcé par les objectifs des action cams qui se rapprochent du fisheye.

Pour compenser l’évolution de cette perspective (qui change également selon l’éloignement de chaque objet), le traitement numérique appliqué va corriger la perspective et transformer assez lourdement l’image.  Le hic, c’est que le résultat est rarement parfait, et on obtient souvent un phénomène de « warping » qui ruine totalement les séquences impactées.

 

Les effets indésirables de la stabilisation électronique

Le warping c’est quoi ça ? C’est une déformation de l’image entrainée par la stabilisation, qui semble faire bouger ou danser tous les éléments de la scène, voir la déforme fortement à certains endroits, d’où la comparaison fréquente avec l’effet « champignon hallucinogène ».

Un autre problème survient quand la lumière se fait rare. Vu que ce type de « stabilisation » agit après la capture de l’image, on ne bénéficie pas d’un des avantages d’une stabilisation classique qui est de diminuer le flou lors de la prise d’images en basse lumière. On peut donc se retrouver avec des images qui présentent des flous de mouvement à certains endroits, tandis que la vidéo semble très stable, ce qui est assez désagréable et déconcertant.

Enfin, le phénomène de « rolling shutter » peut lui aussi venir semer le trouble lorsque la stabilisation électronique vient s’y superposer. Ce phénomène de déformation de l’image se produit sur les capteurs qui l’exposent progressivement en scannant horizontalement ou verticalement la scène. Quand un élément de cette dernière se meut très rapidemment, il est capturé dans une position différente au fur et à mesure de l’exposition, entrainant cette déformation.

Un dernier problème pratique que le visionnage d’un run de DH embarqué à Cairns lors de la récente manche de coupe du monde me rappelle à l’esprit durant la relecture de ce long article survient lorsque l’on tente de stabiliser une séquence où la caméra est solidaire d’une partie de l’image, par exemple le casque dont on voit la visière. Dans ce cas très courant, la stabilisation est totalement perdue, car une partie de l’image est soumise aux mouvements que l’on tente de stabiliser, tandis qu’une autre est parfaitement stable, la caméra étant solidaire de son support. Dans ce cas de figure, on obtient un flottement absolument horrible de l’élément fixe dans le plan : mal de mer garanti.

 

Trop de lissage tue l’action

L’autre question à se poser concernant la stabilisation, c’est celle de son réel intérêt. Bien sûr, qui peut le plus peut le moins. Une stabilisation performante et débrayable peut toujours être utile, par exemple pour faire des plans fixes à bout de bras, où elle apporte un réel intérêt et où l’effet du warping est plus réduit (mais pas toujours inexistant, malheureusement). En revanche, pour une utilisation en sports « extrêmes », l’intérêt est discutable.

Pour des séquences à la première personne, les mouvements de la caméra font partie intégrante de cette vision et ce ressenti que l’on veut apporter. Contrairement à la prise de vidéo classique, où le sujet est sur le plan et où le spectateur peut juger ses évolutions de manière concrète, la prise de vue à la première personne met le spectateur à la place du sujet pour le transporter sur le terrain. Stabiliser l’image, c’est stabiliser les sensations et tendre vers le lissage insipide de l’action. C’est l’effet « tapis volant » en VTT par exemple. Autant louer un drone et survoler le terrain.

« Stabiliser l’image, c’est stabiliser les sensations et tendre vers le lissage insipide de l’action. »

Si l’on veut transcrire l’action de manière « fidèle », se passer de stabilisation me semble alors indispensable. De plus, une séquence non stabilisée n’entraine pas d’effet indésirable chez le spectateur : personne à ma connaissance n’est allé vomir après avoir visionné un run de DH non stabilisé à la première personne. Je ne suis pas sûr de pouvoir en dire autant quand la stabilisation est activée.

Les vibrations que la stabilisation se veut en mesure de contrer ne sont, dans ces séquences embarquées, finalement pas si importantes. Caméra sur le corps, que ce soit sur le casque ou via le harnais, seuls les impacts importants se font sentir, les autres étant en grande partie absorbés par le rider. Un rendu à 60fps est dans ce sens bien plus dommageable et désagréable tant il met en exergue le moindre mouvement de caméra.

Qu’en est-il de plans réalisés caméra montée directement sur l’équipement ? En VTT, je n’ai jamais eu le moindre problème, à partir du moment où la caméra est solidement fixée au support, et pas brinquebalante. Note de la rédaction : fixer sa caméra sur le guidon pour filmer le chemin est tout sauf une bonne idée et ne peut entrainer que des résultats médiocres. Au risque de répéter encore une fois ce que j’ai déjà dû écrire à plusieurs reprises, il est important, voir primordial, d’inclure des points de référence dans les séquences filmées. Les exceptions à cette règle existent, mais elles sont rares.

Lors du montage sur le matériel, ces points de référence, solidaires du support sur lequel est fixé la caméra, permettent, en plus de fournir un cadre ou un sujet à la scène, de les figer. C’est pour cela que la fixation sur un cadre de vélo ou une perche en snowboard produit des vidéos tout à fait intéressantes : le sujet n’a pas besoin d’être « stabilisé » puisqu’il est solidaire de la caméra.

Le seul contre-exemple qui me vient à l’esprit est peut être à trouver dans le monde des sports mécaniques, où certains points de montage peuvent être soumis à des vibrations très rapides. N’ayant réalisé aucune prise de vue dans ce domaine, je ne peux que botter en touche. Après tout, mes activités comme ce blog ne couvrent qu’une faible partie des multiples usages de ces caméras, et c’est bien dans ce contexte que se place cet article.

 

Post-production vs traitement natif

Les besoins ne sont pas les mêmes pour tous les aficionados d’action cams. D’ailleurs, la diversité d’utilisation de ces dernières s’est fortement étendue au fil des années. Depuis la Hero première du nom, clairement dirigée vers les amateurs de sports extrêmes, GoPro comme ses concurrents ont reporté leurs efforts marketing vers des utilisateurs plus sages et occasionnels, tant et si bien qu’une même caméra peut maintenant être utilisée aussi bien par un champion du monde de ski freestyle qu’un randonneur du dimanche.

« Les besoins ne sont pas les mêmes pour tous les aficionados d’action cams. »

Bien que la fonction de base du produit convienne à tous, le niveau d’attente est différent selon les pratiquants en ce qui concerne la qualité d’image ou les fonctionnalités annexes. D’un côté, la force des action cams est leur facilité d’utilisation. De l’autre, la qualité des images qu’elles produisent et leur faible encombrement en ont fait un outil de premier choix pour des utilisateurs très exigeants, jusque dans l’industrie cinématographique. La sortie récente de « Hardcore Henry », entièrement filmé à l’aide de GoPro, en est une preuve de plus.

En partant de ce constat, où placer la barre en terme d’options accessibles à l’utilisateur ? Peu de matériel de prise d’image performant parvient à jouer sur les deux tableaux en proposant une qualité élevée, un débrayage de l’automatisation important pour les utilisateurs avertis, et une facilité d’utilisation avec des réglages automatiques pour le néophyte, combinés à un prix attractif.

Le cas des reflex numériques me vient en tête. Destinés à un public averti, le passage au numérique des reflex a entrainé une baisse de prix appréciable qui les a mis à la portée du plus grand nombre (ou presque). Ce même passage au numérique a permi de proposer tout un tas de modes automatisés, ce qui les a rendu utilisables par n’importe qui. Mais ont-ils réellement quelque chose à apporter par rapport à d’autres formats de plus en plus compétitifs pour celui qui ne veut pas s’investir dans la technique ? Où s’arrête l’avantage qualitatif pour ce public ? Outre la qualité d’image, quelle est la part d’options manuelles et ô combien importantes qui ne sont jamais utilisées par leurs propriétaires ? En 2016, y a t-il encore un avantage (hors frimer) pour le grand public à se dôter d’un encombrant reflex pour ne pas shooter en RAW, laisser tout en automatique et voir le flash ridicule sortir sa tête de manière incontrôlée au moindre passage sous l’ombrage d’un arbre ?

Les action cams partent du camp opposé : d’abord conçues pour être utilisées de manière simple, l’engouement qu’elles suscitent de la part d’un si large public est un appel à plus d’options. GoPro l’a vite compris avec son mode ProTune disponible dès la deuxième mouture de sa célèbre caméra. Plus ou moins l’équivalent du mode RAW sur un reflex, il permet plus de contrôle sur l’image en sortie de chaine, au prix d’un investissement en temps supplémentaire lors de l’étape de post-production. Avec le mode Superview, GoPro fait un pas dans l’autre sens et automatise une étape de post-production qui consistait à filmer en 4:3, puis élargir une partie de l’image, pour se retrouver avec une séquence 16:9 montrant bien plus d’informations que si elle avait été prises nativement dans ce format.

« La stabilisation électronique est une stabilisation du pauvre. »

Qu’en est-il de la stabilisation ? Il est tout à fait possible de la réaliser en post-production : via l’effet warp stabilizer en ce qui concerne la suite Adobe par exemple, ou des plugins externes. Mais comme ceux qui l’ont déjà utilisé en conviendront, son emploi est extrêmement gourmand en ressources. Cela dit, conserver ce processus en post-production laisse indéniablement une plus grande liberté. Au risque de répéter ce que j’ai écrit depuis le début de cet article, la stabilisation électronique est une stabilisation du pauvre : pour un usage plus poussé sur des séquences qui la nécessitent on aura recours à une stabilisation physique de la caméra, comme ce que l’on commence à trouver au niveau des fixations sur drone par exemple.

En partant de ce constat, la conclusion semble plutôt négative. Mais pourquoi s’en priver ? Bien que ce ne soit pas une feature qui figure au premier plan de mes attentes, une stabilisation débrayable, si elle n’entraine pas de surcoût, peut être utile dans certains rares cas. Pour d’autres utilisateurs, qui ont une utilisation différente de la mienne, elle peut être utile dans la majorité des cas. Quoi qu’il en soit, une option, tant qu’elle en reste une, ne peut qu’être bénéfique. Au pire, elle restera inutilisée. Au mieux, elle fera le bonheur de personnes qui ne comptaient pas vraiment dessus, dont je fais partie. Son utilisation abusive est un autre problème.

Je dois dire que jusqu’à maintenant j’ai été peu impressionné par son implémentation dans les action cams Sony. J’ai pu jouer avec la caméra d’un ami il y a deux ans, et la comparer avec ma Hero 3. En plus de trouver la qualité d’image très en retrait par rapport aux GoPro, la stabilisation faisait vraiment un piètre travail : warping dans tous les sens, tassement de l’image lorsque l’on pivote, vague impression de mal de mer en regardant la vidéo, bref un rendu vraiment pas convaincant.

Sony a sans doute progressé dans ce domaine, j’ai pu voir des vidéos avec une qualité d’image qui semble supérieure, mais il est difficile de juger le piqué par exemple via une vidéo youtube, qui compresse outrageusement toute vidéo uploadée. L’exposition parait plus réactive. La marque nippone semble également appliquer maintenant un traitement bien moins conservateur que GoPro à ses vidéos : bonne nouvelle pour ceux qui ne font aucune post-production, plutôt mauvaise nouvelle pour ceux qui en font. Les problèmes de warping semblent aujourd’hui contenus mais pas inexistants, notamment sur les scènes qui bougent pas mal.

 

Les goûts et les couleurs…

Le seul point qui est inéluctable diront certains, c’est qu’une fois n’est pas coutume, son apparition éventuelle sur la prochaine GoPro (comme certaines rumeurs le prédisent) ferait encore exploser le nombre de vidéos imbuvables. Après le 60fps, après la vidéo verticale, on aura (et ça a déjà commencé avec Sony) la vidéo stabilisée à outrance, qui ne retranscrit pas grand chose et warp dans tous les sens.

« Son apparition éventuelle sur la prochaine GoPro […] ferait encore exploser le nombre de vidéos imbuvables. »

La qualité perçue est bien différente d’un individu à l’autre, et d’autant diront que le plus grand nombre tend vers la médiocrité. Ce genre d’opinion est assez amusant me direz-vous, parce que quel que soit le domaine que l’on prend, presque tout le monde sera d’accord avec cette observation, alors que presque tout le monde a une définition différente de ce qui est « bon » (vous noterez le flou artistique qui entoure « presque tout le monde »). Prenons la musique, et ça devient beaucoup plus clair : je vous laisse faire le parallèle.

Mais après tout, ce ne serait qu’une tendance douteuse parmi tant d’autres. La photo a bien eu sa pré-adolescence boutonneuse avec le HDR. Instagram a explosé grâce à deux courbes de couleur. Et je ne m’étendrai pas sur l’utilisation abusive de l’équivalent numérique du tilt-shift, à moins que ce ne soit qu’une vaine tentative de simuler une profondeur de champ via de faux bokehs.

Est-ce au final un problème de goûts, ou d’éducation ? En fouillant dans mes tous premiers HDR, je dois bien avouer avoir moi-même été coupable de quelques ignominies. Quel que soit le domaine dans lequel j’ai investit du temps, force est de constater que la limite entre « bon » et « mauvais » n’a dans mon esprit fait que se relever. Et c’est bien normal. Pour revenir à un thème plus proche de ce blog, disons simplement que l’on aurait pas idée de comparer un VTT Carrefour et un Commencal. Pourtant, pour la ménagère de 45 ans (ah, ce beau stéréotype si répandu et accepté), le premier a peut-être meilleure mine que le second (et puis qui aurait idée d’acheter un vélo rose ou jaune fluo !). Et si un VTT Carrefour lui suffit pour sa sortie dominicale de quatre kilomètres cinq cent, de quel droit porterions nous un regard négatif sur son choix et ses objectifs ? On pourrait arguer qu’il en va de même avec la vidéo.

Bref, c’est un terrain plus que glissant, et seul ce mot magique positionné stratégiquement au tout début du titre de cet article m’incite à l’aborder : il s’agit de mon opinion. Ce mot est à double tranchant : tandis que certains l’utilisent pour mettre leur cerveau en veille et s’en servir comme bouclier, je préfère qu’il souligne le fait que contrairement à la majorité des articles que j’écrit qui sont fortement documentés, et basés sur des sources concordantes et éprouvées en plus de ma propre expérience, un article d’opinion est un point de vue orienté sur un sujet particulier qui suscite ou peut susciter la controverse. Bien que j’ai un point de vue assez fort sur le sujet, loin de moi l’idée de stigmatiser celles et ceux qui souhaitent produire des vidéos verticales stabilisées à 60fps : ils font tourner l’économie et vivre des compagnies (si l’on prend l’exemple de GoPro) qui ont joué un rôle de premier plan, tant en sponsoring qu’à travers leurs produits, dans l’essort des sports de glisse et autres sports extrêmes.

 

Conclusion

Pour en revenir à la question principale, vous l’aurez compris, ma réponse est plutôt non. Pour une utilisation comme action cam pure, pas besoin de stabilisation. Peut-être que pour certains sports elle serait bénéfique, mais en ce qui concerne aussi bien le VTT que le ski ou encore le snowboard, non merci. Pour une utilisation détournée, ou pour filmer des plans fixes, pourquoi pas. Je reste dubitatif quant à la qualité de la stabilisation, mais je ne demande qu’à être surpris. Si le problème de warping se voit résolu complètement, ce qui me semble compliqué quand l’on voit qu’il faut déjà passer un temps important en post-production avec des solutions pro pour avoir un résultat décent, et qu’il n’y a pas de baisse de qualité visible de l’image, bien sûr, je suis preneur d’une stabilisation qui sera toujours utile pour quelques plans.

Mais la qualité doit être au rendez-vous. Si c’est le cas, superbe ! Cela constituera un gain de temps appréciable au montage. Dans le doute cependant, je préfère filmer sans et l’appliquer au montage plutôt que filmer avec et devoir me passer de la séquence car les effets visuels indésirables la rendent inutilisables.

Les attentes technologiques du consommateur (que l’on peut juger dans un sens comme dans l’autre, mais qui seront toujours là) pousseront sans doute la majorité des acteurs sur le marché de la caméra d’action à pourvoir leurs produits d’une fonction de stabilisation (facilement marketable) dans un futur plus ou moins proche. S’y opposer serait aussi rétrograde que futile : contentons-nous d’apprécier les avancées technologiques à leur juste valeur et agissons en accord avec celle-ci pour faire les choix qui s’imposent.

 

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