Pictogrammes niveau de risque avalanche

Bulletin d’Estimation des Risques d’Avalanche (BRA/BERA) : comment le décrypter ?

Le Bulletin d’Estimation des Risques d’Avalanche, abrégé BRA ou BERA, est un incontournable à la préparation de toute sortie hors-piste. Il comprend son lot d’informations utiles, mais encore faut-il savoir le lire.

Tout d’abord, chaque bulletin est propre à un massif. Il vous faut donc retrouver celui qui correspond au spot sur lequel vous allez évoluer. Les bulletins sont publiés à 16h et valables pour le lendemain, ce qui laisse le temps de les étudier bien au chaud en fin de journée. Ils sont disponibles sur le site de Météo France, en version imprimable ou numérique.

 

BRA du mardi 7 mars 2017 pour le massif de Belledonne

Exemple de BRA, cliquer pour agrandir.

 

Estimation du risque

Risque d'avalanche de niveau 4La première indication, c’est celle du niveau de risque estimé. On le retrouve tout en haut à droite du bulletin, grâce notamment aux nouveaux pictogrammes européens en vigueur depuis cette année pour fournir un indicateur plus parlant sur les dangers des niveaux élevés aux néophytes. Je vous conseille vivement de lire le tableau qui figure un peu plus loin dans cet article pour comprendre à quoi correspond chaque niveau de risque. Il faut garder en tête que celui-ci n’est qu’indicatif et il ne faut pas sous-estimer un risque modéré. La majorité des victimes d’avalanches dans les Alpes ont été emportées par risque 3. Encore une fois, rendez-vous en fin d’article pour plus d’éléments sur l’appréciation de ce niveau de risque.

La première partie du BRA est justement dédiée à l’estimation du risque. Le niveau de risque est à nouveau mentionné, associé aux pentes les plus dangereuses. En effet, selon leur orientation, les pentes sont soumises aux différents effets des éléments : soleil ou vent jouent sur la stabilité du manteau neigeux. Comme vous pouvez le voir sur le bulletin que j’ai pris en exemple, pour cette journée le risque est très élevé, et tous les versants sont considérés comme dangereux. Il est à noter qu’un risque de niveau différent peut être indiqué, selon l’altitude. Par exemple 3 au-dessus de 2000m et 2 en dessous.

Enfin, on trouve dans cette première partie une première note qui précise le danger, avec d’une part les déclenchements spontanés (sans intervention extérieure), et d’autre part ceux causés par le passage d’un skieur. Les déclenchements spontanés peuvent se produire lorsque le manteau neigeux évolue, et sont souvent la cause des avalanches de poudreuse. Les déclenchements provoqués sont le fruit d’un impact ou d’une surcharge ponctuelle, externe au manteau neigeux, par exemple le passage d’un skieur, ce qui entraine le plus souvent une avalanche de plaque.

 

Stabilité du manteau neigeux

La section suivante est une analyse de la stabilité du manteau neigeux. Bon, pour le moment je ne vous apprend rien, c’est marqué dessus… Cette partie du BERA est riche en renseignements, car elle donne plus d’informations sur les conditions que vous allez rencontrer. L’analyse demande cependant un peu plus de vocabulaire pour être comprise, elle va bien plus en détails que le simple indice de risque.

Soyez particulièrement attentifs à la formation de plaques à vent selon l’orientation des pentes par exemple. Ici, on se rend compte qu’aucun versant n’est épargné. L’analyse peut aussi comporter des informations qui dissocient départs spontanés et déclenchements accidentels, varient selon l’altitude, etc. Dans l’exemple d’aujourd’hui, on remarque que l’accent est mis aussi bien sur la fragilité du manteau neigeux vis à vis des surcharges ponctuelles que de son évolution naturelle, ce qui correspond donc précisémment à l’indice de risque de niveau 4.

Ci-dessous l’échelle des risques d’avalanches que j’ai déjà mentionné en début d’article. Lisez-la, elle permet de mieux comprendre les implications de chaque niveau de risque.

 

echelle-niveaux-risque-avalanche

 

Epaisseur et qualité de la neige

On trouve enfin des informations sur les dernières chutes, les prévisions pour la journée, et l’enneigement à différentes altitudes, selon les versants. Ces informations sont surtout utiles pour connaitre la qualité de la neige et les conditions d’enneigement, notamment si vous préparez une rando et que vous cherchez des conditions parfaites ou encore que vous préférez éviter une longue approche sur l’herbe…

 

Le BRA, bible du freerider ?

Malgré l’aide qu’il nous apporte, le BRA n’est justement qu’une aide parmi tant d’autres et ne doit jamais se substituer à un comportement adapté en montagne. Chaque pente est unique et les conditions sur place sont bien trop variables pour être couvertes par le bulletin d’information.

D’un côté, un risque élevé est une invitation forte à la prudence, mais ne vous empêche pas, dans l’absolu, de trouver des pentes pratiquables. Le danger étant bien présent dans l’esprit de chacun, il pousse d’autant plus à rester prudent et abandonner au moindre doute. De l’autre, un risque moyen ou faible ne doit pas être sous-estimé. Toutes les règles de sécurité restent de mise, même par risque de niveau 2.

Chaque niveau de risque peut-être considéré comme une moyenne ou médiane de l’évaluation sur la totalité des pentes d’un massif. Cela veut dire que certaines pentes peuvent être bien stabilisées, et d’autres s’avérer très instables. Si l’on s’en réfère à la description du niveau de risque 2 par exemple, on se rend bien compte que le déclenchement d’avalanches est considéré comme possible sur certaines pentes par le passage d’un groupe de skieurs. C’est pourquoi il est important de lire le BRA en détails.

D’autre part, le risque 5 pourrait presque sortir de l’échelle. Il met en garde contre le départ spontané d’avalanches d’envergure, et peut mener à l’arrêt complet des remontées mécaniques par exemple. Même par risque 3 ou 4, les départs spontanés sont attendus ou considérés comme possibles. Cela veut dire que vous avez beau être sur une pente faible en bas d’une combe, il est tout à fait possible qu’une avalanche de poudreuse se déclenche au dessus de vous et vous emporte.

Pour conclure, je n’ai pas trouvé mieux que ce graphique publié par le SLF, l’institut suisse pour l’étude de la neige et des avalanches, qui concerne la période allant de 1997 à 2016. Même s’il est à mettre en relation avec le nombre de journées exposées à chaque niveau de risque, il en dit long sur le fossé qui sépare la perception de ce niveau de risque et le nombre de morts occasionnés par les avalanches en montagne.

Victimes d'avalanches par niveau de risque

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