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Comment réparer la semelle de son snowboard ou de ses skis avec 2 techniques simples

Si vous faites pas mal de hors-piste, ou que l’enneigement n’est pas très bon sur les pistes, il est probable que votre matériel accumule au fil du temps pas mal de blessures de guerre. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à a semelle de nos planches et voir comment réparer les petits et gros bobos occasionés par vos journées de ride.

 

C’est quoi au juste cette matière plastique sous ma board ?

Les semelles de skis ou de snowboards sont faites de polyéthylène, communément appelé p-tex. On distingue deux types de semelles, selon le traitement appliqué au p-tex lors de la fabrication :

  • Les semelles extrudées (« extruded bases ») : le p-tex sous forme de billes est fondu puis pressé pour former la semelle. Ce type de semelle est moins onéreux à fabriquer, plus résistant que les semelles frittées et plus facile à réparer, mais retient moins le fart et glisse moins bien.
  • Les semelles frittées (« sintered bases ») : la formation de la semelle se fait en injectant les billes de p-tex à haute pression. Ce procédé permet la formation de pores dans la semelle, qui retiennent beaucoup mieux le fart que les semelles extrudées. Ce type de semelle se retrouve sur les planches haut de gamme. Il est plus rapide, retient mieux le fart, mais est plus difficile à réparer.

 

Réparer ou ne rien toucher : that is the question

Une semelle va se dégrader au fil des sessions, les petits chocs étant inéluctables. Il n’est donc pas utile de réparer la moindre rayure. C’est même déconseillé, car comme nous allons le voir, les réparations effectuées à la bougie par exemple tiennent moins bien le fart que la semelle de votre planche, surtout si c’est une semelle frittée.

 

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La planche a pris cher à cet endroit : on ne réfléchit pas plus, la réparation s’impose (cliquer pour agrandir).

 

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Ici il n’y a pas grand chose à faire, on va couper les copeaux à raz et basta (cliquer pour agrandir).

 

Il faut donc se concentrer uniquement sur les impacts profonds et dont la taille est importante. Selon l’ampleur de la réparation à entreprendre, plusieurs méthodes sont envisageables. C’est ce que nous allons maintenant voir.

 

Première technique : la bougie de p-tex

De quoi j’ai besoin ?

Cette méthode est celle que vous utiliserez le plus. Elle est relativement facile à réaliser et peu onéreuse.

Il existe deux types de bougies : les noires et les transparentes. Les bougies noires sont généralement utilisées pour réparer les semelles noires, et les transparentes pour les autres couleurs. Cependant, les noires tiennent un peu mieux dans le temps, donc si l’aspect esthétique vous importe peu, vous pouvez tout à fait entreprendre toutes vos réparations à la bougie noire.

Comme pour toute réparation, un bon coup de chiffon avec une solution à base d’alcool est indiqué pour nettoyer la surface sur laquelle on va opérer.

On va donc allumer la bougie avec un briquet (ce qui peut prendre un peu de temps), puis la faire couler dans le trou à reboucher. Il ne faut pas avoir peur de faire bien déborder le p-tex qu’on applique via la bougie, car dans un deuxième temps on va retirer l’excédent en raclant.

Pour mieux faire tenir la réparation, une technique permet de limiter les dépôts de carbone qui se forment lorsque la bougie se consumme. Il est difficile de se rendre compte de ce phénomène avec une bougie noire, en revanche c’est très facile avec une bougie transparente, et si vous ne prenez aucune mesure pour l’éviter, ça rend la réparation avec une bougie transparente vraiment moche.

Pour se prémunir de ce petit désagrément, il faut donc éviter au maximum que la flamme jaunisse, et conserver une flamme bleue tout au long de la réparation. Pour ce faire, il vous faut utiliser la racle métallique.

Une fois la bougie allumée, vous allez la faire couler sur la racle métallique, en gardant la flamme le plus près possible de la racle, sans toutefois vous approcher trop, ce qui aurait pour effet de l’éteindre. Vous devriez ainsi pouvoir conserver une flamme bleue, et le p-tex liquide va s’écouler non plus goutte par goutte, mais en continu. Une fois débarassé du carbone généré à l’allumage, vous pouvez alors le faire couler dans le trou à reboucher, en conservant la flamme à la bonne hauteur par rapport à la semelle pour qu’elle reste bleue.

 

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Il est important de garder la bougie aussi bas que possible sans l’éteindre pour que la flamme reste bleue.

 

Ce procédé a également l’avantage de générer plus de chaleur sur la zone à réparer. Cela qui facilite la fusion du p-tex de votre semelle et de celui que vous appliquez : la réparation tiendra mieux.

Une fois que le trou est bien rebouché, vous pouvez souffler la bougie (attention, il peut y avoir des projections de p-tex liquide) et éventuellement utiliser la racle métallique pour faire pression sur le p-tex qui a été appliqué. Personellement, je n’utilise pas cette dernière technique, parce que je ne trouve pas qu’elle apporte d’avantage significatif.

Ensuite il va vous falloir attendre une dizaine de minutes que le p-tex refroidisse, puis vous pouvez racler avec la racle métallique. Attention avec cette dernière, vous pouvez endommager votre planche si vous vous y prenez comme un ogre. L’idée est d’enlever couche par couche ce qui dépasse du trou rebouché, en étant docile pour ne pas faire ressortir la matière. On racle donc dans le sens de la glisse, sans mettre trop de pression, pour retirer l’éxcédent petit à petit. Si ça dépasse beaucoup et que vous avez peur que ça ressorte, vous pouvez éventuellement changer de sens pour retirer le gros de la partie située vers l’avant de la planche, avant de finir dans le sens de la glisse. Je n’ai cependant jamais eu ce problème de p-tex qui s’échappe du trou, un bonne application à la bougie permet de s’en prémunir.

 

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Le raclage avec la racle en métal demande plus de précautions qu’avec celle en plastique.

 

Une fois la réparation effectuée, vous allez normalement farter la planche. Après cette étape, une réparation noir sur noir est quasiment invisible.

 

J’ai pas tout compris, je veux voir comment tu t’y prends !

Pas de soucis, j’ai réalisé une petite vidéo pour que tout ça soit plus clair 😉

 

 

Deuxième technique : le combo metal grip + bougie de p-tex

Matériel requis :

  • Du metal grip
  • Un fer à souder
  • Une bougie de p-tex

La bougie de p-tex c’est bien, rapide, pas cher, et facile à utiliser. Par contre, ce p-tex n’adhère qu’au p-tex : celui de la bougie, à haute température, vient fusionner avec celui de la semelle. Ce qui veut dire que si l’impact est situé contre une carre, ou qu’il traverse toute l’épaisseur de polyéthylène de la semelle et que la couche suivante (le bois ou une couche de fibre de verre) apparait, la simple utilisation d’une bougie ne suffira pas, et la réparation ne tiendra pas.

Pour y remédier, on peut utiliser ce qui est communément appelé du « metal grip ». C’est en fait un mix de p-tex et d’epoxy, ce dernier permettant d’adhérer sur le métal d’une carre, ou toute autre partie de votre board. Présenté sous forme de fil, il peut être utilisé avec un pistolet spécifique, ou un fer à souder.

Comme si vous effectuiez une soudure classique, approchez le fil et le fer du trou à reboucher. Il va commencer à fondre et à remplir le trou. Ne le remplissez pas jusqu’en haut ! Cette couche de metalgrip sert à faire le lien entre la partie mise à nue sur votre planche et une seconde couche 100% p-tex que l’on va appliquer par la suite. Quand vous avez assez de matière, assurez vous que tout a bien fondu et que ça forme une couche homogène avant de continuer. Si ce n’est pas le cas, et que vous avez déposé petit bout par petit bout qui se sont immédiatement solidifiés, l’epoxy ne va pas prendre, et ça ne tiendra pas.

Ensuite, laissez cette couche reposer jusqu’à ce qu’elle ait refroidi, puis vous pouvez terminer votre réparation à la bougie.

Mise à jour 02/2017 : J’ai pris quelques minutes pour enfin filmer mon dernier rebouchage au metal grip. Je vous conseille donc de regarder la vidéo ci-dessous qui explique en détails ce qu’il faut savoir sur ce type de réparation et comment la réaliser.

 

 

Et si le trou est vraiment énorme ?

Dans ce cas, il faudra certainement utiliser un patch découpé aux bonnes dimensions puis collé avec une colle epoxy. L’utilisation du metalgrip a un peu fait reculer l’utilisation de cette technique plus complexe, mais elle reste indispensable en cas de très grosse réparation.

 

Le mot de la fin

Réparer sa semelle, ce n’est donc pas très compliqué, et l’investissement est relativement faible. Si vous ridez régulièrement, je vous encourage donc à acheter le peu de matériel nécessaire pour faire vous même vos réparations : ça prend peu de temps et l’investissement est vite rentabilisé ;).

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Posted in Entretien, Snowboard.

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