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Comment choisir sa planche de snowboard pour débuter et progresser : 7 points clés à ne pas rater

Pour la première fois depuis la naissance de ce blog, j’ai publié une version audio de cet article sous forme de podcast, que vous pouvez consulter grâce au lecteur ci-dessous. Il possède également sa page dédiée. Comme d’habitude, n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et si ce format vous plait !

 

 

Aujourd’hui, petit point technique pour ceux qui souhaitent investir relativement tôt dans leur propre matériel, comme je le conseille dans mon billet sur le sujet. Bien que cet article soit destiné avant tout aux riders débutants et intermédiaires, je vais aborder pas mal de concepts techniques en essayant de les expliquer au maximum, mais s’il reste des points à éclaircir, n’hésitez pas à me poser des questions dans les commentaires ;).

 

Programme

La première question à vous poser est donc la suivante : quelle va être ma pratique dominante ? Si vous êtes plutôt intéressé par le freestyle, le choix de votre planche va être radicalement différent de celui correspondant à une pratique freeride. Heureusement, comme nous allons le voir, les choses ne sont pas aussi tranchées quand il s’agit de choisir une board pour débuter : s’il est vrai qu’on peut débuter avec une très bonne planche de freestyle, c’est plus difficile avec une planche très orientée freeride/piste, et les planches de niveau débutant/intermédiaire représentent un juste milieu entre ces disciplines qui permet au pratiquant de s’orienter plus tard vers l’une ou l’autre en ayant touché aux deux.

Une planche pour débuter le snowboard c’est donc surtout une planche facile. On ne recherche pas la tenue de carre extrême mais la facilité d’entrée en virage. C’est pour cela que ces planches sont centrées autour d’un programme polyvalent freestyle qui peut tirer sur le freestyle pur à polyvalent freeride. On va le voir par la suite, cela s’explique par plusieurs propriétés que possèdent les planches destinées à être très manoeuvrables pour le freestyle.

Ces planches sont donc le plus souvent polyvalentes, et c’est lorsqu’on monte en gamme qu’une partie de l’offre devient plus spécifique. On retrouve alors plusieurs programmes qui peuvent se chevaucher :

  • Le freestyle pur et park
  • Le all-mountain freestyle et all-mountain freeride
  • Le freeride pur et les planches de poudreuse

Enfin, il reste une catégorie que nous n’aborderons pas, même si elle correspond bien au nom de ce blog, c’est le snowboard alpin. Ici on est tout au bout du spectre freeride/piste, avec des planches très longues et très rigides qui permettent de carver à l’extrême. Ces boards s’utilisent avec des fixations et chaussures spécifiques semblables à celles utilisées pour le ski.

 

Flex

Le flex représente la souplesse de la board, c’est à dire grossièrement la force nécessaire à appliquer pour qu’elle plie. Vous pouvez facilement tester cette propriété en tenant la planche debout, une spatule bien en appui en sol, en poussant vers son centre avec votre main libre ou avec votre pied.

Les fabricants imaginent bien que vous n’allez pas passer la journée à tripoter des boards de la sorte en magasin, alors ils fournissent un indice de flex entre 1 et 10 pour que chacun puisse se faire une idée de la souplesse de leurs planches, une valeur faible indiquant une planche très souple, alors qu’une valeur importante est la preuve d’une planche plus rigide. Tous les fabricants n’ont pas exactement la même référence, il se peut donc que si vous êtes habitués à un flex de 7 chez un fabricant, cela corresponde à un 8 chez un autre.

Une planche très rigide permet de mieux tenir la carre et « avaler » un terrain irrégulier, mais est plus difficile à manoeuvrer. Pour débuter, on recherchera donc une planche assez souple : c’est pour cette raison notamment que l’on ne trouve pas de planches orientées freeride dans l’offre débutant/intermédiaire.

Une planche souple est donc plus facile, et comme on peut la déformer plus facilement, les presses sont plus aisées, ce qui est top pour le freestyle.

 

Type de profil ou cambre

La plupart des planches ne sont pas plates entre les spatules, mais possèdent une arche, concave ou convexe, voir d’autres formes plus ésotériques afin d’orienter leur programme et renforcer certaines de leurs propriétés. Le profil d’une board est donc déterminant à son caractère.

J’ai déjà commencé à travailler sur un article qui détaillera les grandes familles de profils existants, alors je vais rester aussi concis que possible pour le moment sur le sujet.

Il existe 4 grandes familles de profils (illustrations par the-house) :

  • Le camber ou « cambre classique » : c’est le profil historique. La bord repose sur deux points de contact à la naissance des spatules. Ce profil est tout indiqué pour un programme freeride, car il permet de maintenir une excellent stabilité à haute vitesse et une accroche maximale au carving. Il peut également être utilisé en freestyle du fait du « pop » important qu’il fournit lors de l’impulsion au départ d’un saut. Il est cependant remplacé de plus en plus fréquemment dans cette discipline par des profils hybrides que nous allons voir par la suite.

 

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  • Le rocker ou « inverse camber » (camber inversé) : comme son nom l’indique, c’est l’opposé du camber. La board ne repose plus sur deux points d’appuis au niveau des spatules, mais sur un seul, en son centre, tandis que celles-ci sont surélevées. Le rocker permet une mise en virage, une manoeuvrabilité et une « butter-abilité » très importante, qui en font un excellent choix pour s’initier au snowboard. Très orientées freestyle, elles sont cependant peu stables à haute vitesse et ne tiennent pas très bien la carre dans ces situations.

 

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  • Le rocker ou camber plat (« flat camber, flat rocker ») : entre camber et rocker, ce profil propose tout simplement l’absence total de l’un ou l’autre ! On a donc une planche « plate » entre les spatules, où la totalité de la semelle est en appui. C’est un profil que l’on retrouve souvent sur les planches de niveau débutant à intermédiaire, car il est plus facile qu’un camber classique.

 

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  • Les cambers et rockers hybrides : mix de cambers et rockers, les hybrides mêlent ces profils à différents endroits de la board. On peut donc par exemple avoir un rocker entre les pieds et des cambers à l’extérieur, ou inversement. Le camber « freeride » ou « powder camber » se retrouve aussi pas mal, et propose un camber à l’arrière et un rocker à l’avant, ce qui permet de garder beaucoup d’accroche au carving tout en faisant décoller le nez de la planche dans la poudre.

 

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Shape et setback

Le shape correspond à la silhouette et notamment la forme et dimension des spatules l’une par rapport à l’autre (même si les plus sectaires fronceront les sourcils en argumentant qu’il n’y qu’une spatule à l’avant de la planche, et un talon à l’arrière). Il peut être directionnel ou symétrique.

Un shape directionnel signifie que l’avant et l’arrière de la planche sont différents, et conçus pour que la planche soit la plus performante possible quand elle est ridée dans son sens normal, c’est à dire pied gauche en avant si vous êtes regular, pied droit en avant si vous êtes goofy. Souvent, on va retrouver sur les planches de freeride directionnelles un nez plus large qui permet de faire mieux flotter la planche dans la poudre et un talon un peu plus étroit, qui va faire s’enfoncer l’arrière de la planche pour mieux déjeauger.

Bien que dans la majorité des cas on puisse toujours rider ces planches dans les deux sens à peu près convenablement, ce n’est pas toujours vrai : on trouve à l’extrême de ce spectre les swallows, ou « queue d’hirondelle », destinées uniquement à tracer dans la poudreuse et dont l’arrière à la forme bien particulière vient exacerber les qualités recherchées dans ces conditions : arrière qui s’enfonce dans la neige pour garder le nez au-dessus de la poudre et volume plus important à l’avant pour davantage de flottaison. Vous l’aurez compris, un shape directionnel se retrouve plutôt sur les planches orientées freeride.

Un shape symétrique signifie que les spatules sont identiques en taille et en forme. Aussi appelé « twin shape », il est présent sur les planches à vocation freestyle, qui sont régulièrement ridées dans les deux sens (on parle alors de « switch » ou « fakie » le fait de rider avec un pied avant différent de sa position habituelle).

 

Darwin Flow

La Darwin de Flow est un swallow moderne : la forme est moins marquée que sur d’autres modèles, mais le shape est bien directionnel et le setback important.

 

Le « setback » correspond au recul des inserts destinés aux fixations. Un setback de 20mm (parfois noté en valeur négative sur les specs constructeur) indique que les fixations ne sont pas centrées sur la longueur de la planche, mais deux centimètres vers l’arrière. Plus il est important, plus les fixations seront reculées sur la board, donc plus proches de l’arrière que de l’avant. Il faut noter que ces inserts ne sont jamais déportés vers le nez de la planche car ils n’auraient aucun effet positif. Le recul des inserts permet d’avoir un peu plus d’appui sur l’arrière de la board et faire déjeauger plus facilement le nez dans la poudreuse. Plus il est important, plus cette propriété est mise en avant, mais plus il peut être difficile de faire tourner la board, le poids étant déporté sur l’arrière.

C’est encore une fois sur les swallows qu’on retrouve un déport maximal des fixations vers l’arrière. Il est cependant associé à un shape particulier et un sidecut spécifique qui offrent un ride de qualité, contrairement à une planche classique au setback conservateur où l’on aurait reculé les fixations au maximum par rapport aux inserts, souvent difficile à contrôler efficacement.

Un shape directionnel est quasiment toujours associé à un setback positif, alors que le setback sur une « twin shape » est en général égal à 0, afin de conserver une position symétrique quelque soit le sens dans lequel la board est ridée.

 

Longueur

Maintenant que nous avons vu les points qui déterminent le caractère d’une board, intéressons-nous à ceux qui vont vous permettre de choisir la bonne taille pour votre morphologie et votre programme.

La longueur de votre planche est déterminée par deux facteurs principaux :

  • Votre poids : plus l’on est lourd, plus la planche est longue.
  • Votre programme (et votre niveau) : une planche de freestyle est plus courte pour privilégier la manoeuvrabilité, une planche de freeride plus longue pour offrir plus de support, et une planche dédiée à la poudreuse encore plus longue pour une flotaison plus grande. Lorsqu’on débute, on choisit en général une planche un peu plus petite afin d’avoir une meilleur manoeuvrabilité.

La taille peut légèrement influencer cette longueur, mais c’est bien le poids qui reste le facteur déterminant, car une board plus longue, c’est une board plus rigide, qui offre plus de support, une meilleure tenue de carre, mais plus difficile à manoeuvrer et plus physique. Certains fabriquants publient des recommandations basées sur le poids du pratiquant pour le choix d’une taille de board : c’est le meilleur moyen d’être sûr de choisir la bonne et de rider avec une planche qui présente les caractéristiques mises en avant par ce fabricant.

 

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Exemple de grille fournie par un fabricant (ici Ride) permettant de trouver la longueur de planche optimale pour son poids.

 

Les marques proposent donc leurs boards en plusieurs tailles, grosso modo de 145 à 170cm pour un adulte. Il n’est malheureusement pas toujours possible de tomber sur la longueur « parfaite », et l’on doit se rabattre sur la taille au dessus ou la taille en dessous, en gardant en tête le programme visé, son niveau de pratique, et sa taille.

Tous les fabricants ne proposent pas ce type de recommandations. Il faut alors se référer à des tables comme celles qui suivent pour avoir une idée de la longueur de planche qui vous correspond le plus.

 

grille tailles snowboard

Table des longueurs de planche selon la taille et le poids du pratiquant (cliquer pour agrandir).

 

Comme expliqué plus haut, ces dernières sont des valeurs moyennes, à ajuster selon votre niveau et votre programme : on peut y retrancher 3 à 4 cm pour une planche de freestyle ou une planche de débutant, et y ajouter autant pour une planche de pur freeride. Avec le temps, vous développerez aussi des préférences personnelles qui pourront vous faire préferrer une planche un peu plus courte ou un peu plus longue.

 

Largeur

En regardant la grille des tailles de la Highlife UL que j’ai posté plus haut, vous avez peut-être remarqué que la seconde partie du tableau comprend des tailles suivies d’un « W ». Ce « W » correspond aux tailles larges, « W » pour « wide ».

Cela indique que la planche possède une largeur plus importante que la version de base. Alors à quoi cela peut-il bien servir ?

En fait la largeur d’une planche doit suivre la taille de votre boot, et donc de votre pied. Une planche trop large entrainera un passage plus difficile d’une carre à l’autre, et semblera pataude. Une planche trop étroite fera dépasser de manière trop importante votre pied de la planche, que ce soit au talon ou aux orteils, voir aux deux. Cela constitue un problème majeur, car quand vous allez incliner la planche pour carver ou tout simplement la faire pivoter, votre boot va venir en contact avec la neige et faire perdre son appui à la planche sur sa carre. Sans appui, c’est la chute assurée. Appelé « toe drag » (« trainée des orteils ») et « heel drag » (« trainée du talon ») chez nos amis anglophones, ce phénomène est exacerbé chez les carveurs extrêmes, qui prennent énormément d’angle. C’est pourquoi, si vous vous intéressez aux planches alpines, vous remarquerez que les angles de fixations sont très importants, ces dernières sont souvents sur-élevées, et les chaussures ne dépassent pas de la board.

 

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La largeur de votre planche doit être adaptée à votre boot (illustration the-house).

 

Si vous chaussez du 44 ou plus, il y a de bonnes chances pour que vous ayez à adopter une taille « wide ». Si vous avez de grands pieds pour votre taille, ou que vous êtes très mince et donc léger pour votre taille, cela peut poser problème car, fort logiquement, ce sont sur les grandes tailles de planches que les fabricants proposent des largeurs plus importantes.

Enfin, certaines marques comme Nitro proposent encore plus d’options, avec une largeur « mid-wide » supplémentaire.

Si c’est votre toute première planche et que vous êtes un peu entre deux tailles, la meilleure solution est d’aller en magasin pour demander conseil et voir avec un vendeur si vous avez besoin d’une version « wide » ou pas, selon votre pointure et la taille de votre boot. Celle-ci peut également entrer en jeu, car certaines boots sont conçues justement pour raccourcir au maximum leur empreinte au sol (et donc leur longueur) et éviter ces problèmes. Pour une même taille, deux boots peuvent ainsi avoir une longueur différente. D’autres critères entrent en jeu, comme les angles de fixations (des angles importants permettent de choisir une planche plus étroite), mais cet article commence déjà à se faire long, donc je vais m’arrêter là pour rester concentré sur le sujet.

Sachez enfin que les données fabricants précisent souvent une largeur au patin (« waist width »), cette dernière correspondant à la largeur la plus faible, au milieu de la planche. Encore une fois, je n’entre pas dans les détails et je publierai prochainement un article sur les mensurations d’une board et comment elles sont liées entre elles, mais grâce à cette mesure et au sidecut, vous pouvez déterminer approximativement la largeur de la planche sous vos pieds et donc la taille qu’il vous faut, notamment si vous possédez déjà une board dont vous connaissez les mesures.

 

Conclusion

Choisir une planche de snowboard c’est donc à la fois facile et compliqué : les fabricants proposent une panoplie de modèles orientés vers les débutants et il est possible de se laisser guider dans cet achat, mais comprendre les bases de ce qui fait qu’une board aura tel ou tel caractère est important pour avoir une bonne idée des forces et des faiblesses du matériel dont on fait l’acquisition.

J’espère que cette première introduction au matériel de snowboard vous sera utile, que ce soit pour un achat ou tout simplement pour mieux le comprendre. Comme d’habitude, n’hésitez pas à me poser vos questions ou laisser vos remarques dans les commentaires !

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Posted in Matériel, Snowboard.

3 Comments

  1. Salut, je viens de tomber sur ton blog, je débute en snow mais je voudrais avoir mon propre matos. Ton article est super bien construit, il aborde les points principaux, et j’ai compris presque tout…
    Sauf le paragraphe sur le shape et le setback: c’est le seul paragraphe où il n’y a ni dessins ni traduction des termes techniques, du coup bah… j’ai rien pigé ^^
    Un petit complément serait le bienvenu, et en attendant… je vais aller lire tes autres articles! :)

    En tout cas continue ce blog, il est très facile à lire et à comprendre, et aborde plein de points différents. C’est top pour les débutantes comme moi!

    • Salut Emmanuelle,

      Merci pour ton feedback qui permet d’améliorer la qualité des articles !

      J’ai modifié la partie shape et setback pour qu’elle soit plus explicite, tu me diras ce que tu en penses et si ça répond à tes questions ;).

      • Ce soir je me suis dit « bon attend, je vais essayer de relire l’article pour comprendre ».
        Donc je viens de relire ton article, sans avoir vu ton commentaire, et j’étais en train de me dire: « non mais attend il est super clair ce paragraphe, et y’a une photo en plus! Tu devais être fatiguée ce midi pour n’avoir rien pipé!! »

        Et finalement je vois que tu as modifié ça entre temps, ceci explique cela!

        Donc oui, les modifs sont nickel, j’ai tout compris cette fois ^^

        J’attends avec impatience les autres articles que tu cite dans celui là, ils promettent d’être intéressants!

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